Comme annoncé, Trets au cœur de la Provence vous propose une couverture la plus large possible de ces municipales 2026, afin de vous aider à faire votre choix, à être mieux informés de la vie politique tretsoise, mais aussi à la comprendre — chose qui n’est pas toujours très facile…
De longues interviews, de près de deux heures chacune, ont ainsi été réalisées avec chaque candidat. Elles sont divisées en deux grandes parties : une première consacrée à leur candidature, leur équipe, le déroulé de la campagne et leur bilan des six dernières années en tant qu’élu ; puis une interview comparative, avec les mêmes questions posées à chaque candidat, afin de comparer leurs positions et leurs programmes sur différentes thématiques ou sujets. Des questions qui, pour une très grande majorité, ont été transmises par les Tretsois durant le mois de janvier.
Nous démarrons avec Stéphanie Fayolle Sanna, qui s’est confiée longuement en cette fin janvier dans cette grande interview, à suivre en différentes parties tout au long du mois de février, ainsi que presque quotidiennement pour l’interview comparative.
Après deux interviews réalisées en septembre sur la formation de son groupe, puis durant l’automne sur l’officialisation de sa candidature, elle revient cette fois, dans cette interview de près de deux heures, sur sa candidature, son équipe, le bilan du maire sortant, sa position pour le second tour, ainsi que sur l’avenir.
Tretsoise depuis 26 ans, mariée, âgée de 57 ans et mère de deux enfants, elle a été membre de l’Association des parents d’élèves (ATPE) au cours du parcours scolaire de ses deux filles, scolarisées dans les écoles et le collège de Trets. Son mari exerce en qualité de sapeur-pompier professionnel à la caserne de Trets. Sur le plan professionnel, elle est docteure en sciences de l’environnement et exerce en qualité d’enseignante-chercheuse (maître de conférences) depuis 1995 à l’Université d’Aix-Marseille (facultés des sciences d’Aix-Montperrin et de Saint-Jérôme).
C’est en 2014 qu’elle fait son entrée en politique, en se présentant sur la liste de Roger Tassy, où elle occupait la 8ᵉ place. Après le premier conseil municipal d’investiture de Jean-Claude Féraud, à la suite de la seconde défaite de Roger Tassy, les anciens élus d’opposition de la mandature 2008–2014 avaient alors pris la décision de démissionner et de se retirer afin de laisser leur place à de nouvelles personnes et préparer la relève.
C’est ainsi qu’elle devient élue d’opposition en avril 2014, un rôle de conseillère municipale d’opposition qu’elle tiendra pendant six ans, en tant que cheffe de file du groupe. En 2019, son groupe la désigne tête de liste. Elle créera alors la surprise en se classant 2ᵉ devant le maire sortant au premier tour des municipales de mars 2020 (30,18 %, soit 1 238 voix), puis 3ᵉ au second tour en juin avec 24,81 %, soit 1 117 voix. Le nombre de votants était toutefois faible lors de ces deux tours, en pleine période de pandémie.
Cette interview a été réalisée en compagnie du numéro deux de sa liste, Thomas Beaudoin, policier national de profession et venu pour l’interview présenter leur programme sécurité.

Qu’est-ce qui vous a décidé à vous représenter aux municipales de Trets pour la seconde fois ?
D’autant plus qu’il y a trois ans, lors de l’interview de mi-mandat, vous expliquiez être guère partante…
Alors, le premier stimulateur, c’est quand j’ai entendu parler du projet de formation de l’OM sur des terres agricoles qui sont passées désormais en zones à urbaniser au niveau du PLUi. Ça, ça a été un moteur.
Il y a ensuite tous les futurs projets de construction, toutes les futures OAP qui sont au PLUi, qui touchent la Gardi, l’Ermitage. Quand je suis venue m’installer à Trets, je suis venue chercher une qualité de vie, une campagne. Je ne suis pas venue chercher la banlieue de Marseille. C’est ça qui a été moteur. Je me suis dit : je vais proposer une alternative, une autre trajectoire, qui me semble plus de bon sens.
Quand j’entends dire, le maire, que Trets doit grandir… non. Pour moi, Trets ne doit plus grandir. Trets doit s’épanouir.
Voilà . Donc tout ça a été un moteur qui a fait que j’ai décidé de me présenter. Et puis, ça offre aussi plus de choix aux Tretsois. C’est triste quand il n’y a qu’un ou deux candidats. Et puis, moi, je n’ai jamais eu la même vision politique : construction, béton, etc.
La troisième chose qui me faisait également réfléchir, c’est que les finances sont exsangues. Ils ont asséché les finances. Et ça, en tant que responsable et visionnaire, je me suis dit : « Tu ne vas pas pouvoir non plus proposer de gros projets structurants. » Parce que la première étape, ça va être de redresser les finances.
Puis après, tout s’est enchaîné. Des personnes m’ont dit : « Remonte une liste, ça serait bien de proposer autre chose. »
On n’a pas envie qu’il y ait tous ces programmes de construction. Je pense que la ZAC Cassin a refroidi pas mal de personnes.
Des gens sont peut-être venus, comme moi, chercher autre chose quand ils sont venus s’installer dans notre commune. On veut donc proposer une trajectoire opposée. On ne peut pas se dire agriculteur et vendre des terres agricoles. Pour moi, il y a incompatibilité, il y a contradiction là -dedans. Surtout des terres agricoles qui sont municipales, qui appartiennent aux Tretsois, et j’insiste là -dessus.
Après, je n’ai pas besoin de pouvoir. Dans mon travail, je m’épanouis. Puis j’ai aussi du temps libre dans mon travail de chercheur, donc je voulais le mettre à profit.
Vous avez été très assidue en conseil municipal mais, contrairement à vos deux adversaires, vous avez été peu présente sur le terrain durant ce mandat, dans les manifestations municipales ou associatives. Ne pensez-vous pas que cela va être un handicap ?
Ça peut l’être, effectivement. Après, moi, je suis quelqu’un qui bosse énormément. Je suis plutôt quelqu’un qui travaille sur les dossiers. J’ai été beaucoup mobilisée sur les épisodes de pollution qui se sont produits sur l’Arc. Je me suis entretenue avec beaucoup d’agriculteurs et de pêcheurs. D’ailleurs, on réalise une étude sur la rivière pour savoir à quel moment ils vont pouvoir réensemencer la truite et les différents poissons.
Après, j’ai fait toutes les cérémonies, comme le 8 mai, tout ce qui est républicain : je suis présente. Le 8 mai, le 11 novembre. Après, je suis au tennis un peu, parce que je fais du sport. Et puis, dans d’autres manifestations, je faisais en fonction. Je travaille beaucoup à côté, on ne peut pas faire les deux.
C’est sûr que j’étais peut-être moins présente que d’autres. Mais ça n’empêche pas que, si je veux m’investir, je vais m’investir à 100 %. Je serai présente à la fois sur le terrain, au niveau des manifestations sportives par exemple, etc., et sur le reste.
Et puis, quand j’entends parler de proximité et qu’on ne répond jamais aux mails ou qu’on ne fait pas de permanences… Pour moi, un élu, un maire, doit faire des permanences hebdomadaires. Donc avec moi, si je suis élue, il y aura un créneau pour des permanences hebdomadaires, pour recevoir tous les Tretsois qui en font la demande.
Pouvez-vous présenter l’équipe que vous avez composée ? A-t-il été facile de boucler la liste et quelle orientation politique a-t-elle ?
Alors, facile à boucler ? Oui, la liste, ça va, je l’ai bouclée assez facilement. Après, concernant l’orientation politique, on est sans étiquette. Moi, je ne veux pas de cooptation politique. J’en ai marre des étiquettes, parce que parfois, je me retrouve, parce que j’ai une sensibilité environnementale… alors tout de suite, on va vous classer « intégriste écolo », alors que c’est juste de la responsabilité environnementale.
Si vous avez des valeurs humanistes, puisque pendant mon mandat j’ai, par exemple, marié des homosexuels, alors ça y est, je suis « la gauche de service » ? Après, si je dis que je suis patriote, que je suis fière d’arborer mon drapeau bleu, blanc, rouge, on va me cataloguer quoi ? Moi, j’ai des valeurs républicaines, j’ai des valeurs humanistes. Et je ne veux pas d’étiquette, parce que je sais comment ça marche, les cooptations. Donc non. On est libres de penser, d’agir.
Après, je ne suis pas allée chercher les étiquettes de chacun. Peut-être, d’ailleurs, qu’il y en a qui n’ont pas forcément d’étiquette politique. On n’est pas obligé d’adhérer à un parti pour défendre… Le parti, c’est Trets. Mon parti, c’est Trets, des Tretsois, et défendre l’intérêt général.
Et au niveau des profils dans la liste, c’est diversifié ?
C’est diversifié. C’est pareil, il faut qu’une liste soit représentative. On ne peut pas avoir que des cadres supérieurs dans une liste. Il faut que ça soit représentatif. Il y a des gens qui sont plus modestes socialement, d’autres plus aisés. C’est vraiment représentatif de la population.
Et les corps de métier aussi, d’ailleurs. Ce n’est pas une liste 100 % fonctionnaires. Il y a des fonctionnaires, des fonctionnaires territoriaux, qui relèvent de la fonction nationale, comme moi d’ailleurs, et puis d’autres qui sont du secteur privé. Majoritairement, d’ailleurs, c’est du secteur privé. Il y a des artisans, des commerçants. C’est un ensemble diversifié.
Allez-vous être soutenue par des partis politiques ?
Non ! Déjà , j’avoue qu’on me l’a déjà demandé. J’ai dit non. Je sais que ça déstabilise beaucoup de personnes.
Mais il y a six ans, on a voulu nous cataloguer, alors que je n’avais pas d’étiquette politique. Pour les départementales, je n’avais pas d’étiquette politique. J’ai toujours refusé, alors qu’il y en a qui le font en catimini. On pourra s’attribuer notre victoire.
A SUIVRE : Son bilan dans l’opposition, du mandat du maire sortant, sa vision si elle est maire…
Pourquoi n’y as t-il pas eu une seule liste au premier tour ? est ce une question d’égo ou de façon de diriger une équipe municipale ? beaucoup de militants de gauche ou simplement de déçus (es) de la politique de Chauvin ne comprennent pas et aimeraient avoir une réponse