Depuis décembre 2024 un dossier explosif agite l’actualité tretsoise et les discussions dans TRETS : l’implantation probable à TRETS d’un grand centre de formation de l’OM sur le site de la campagne Roubaud, route de Rousset, en bordure de la Burlière.
En effet, depuis un article publié en décembre 2024 par L’Équipe, évoquant la possible implantation d’infrastructures de l’Olympique de Marseille à Trets, le projet restait discret. Le club, dans le cadre de sa stratégie de développement portée par Pablo Longoria et Frank McCourt, cherche depuis plusieurs années un site pour construire de nouvelles installations destinées notamment au centre de formation et aux équipes féminines. Plusieurs terrains autour de Marseille ont été étudiés, mais Trets semble être devenu une piste sérieuse.
Une délibération de la Métropole adoptée début octobre a révélé l’ouverture à l’urbanisation d’une zone d’environ 13 hectares située au quartier de la Burlière. Ces terrains, acquis par la commune en 2010 comme réserve foncière agricole, ont progressivement été rendus constructibles pour accueillir un équipement public sportif d’envergure métropolitaine. Selon le dossier métropolitain, le projet prévoit l’aménagement d’un grand plateau sportif sur une douzaine d’hectares comprenant notamment deux plaines de jeux totalisant six terrains de football, ainsi que des bâtiments nécessaires au fonctionnement d’un centre de performance et de formation. L’ensemble inclurait également un hébergement pour les sportifs, environ 12 000 m² de bâtiments, près de 200 places de stationnement et des espaces verts destinés à assurer des continuités environnementales.
A ce jour rien n’est signé, rien n’est acté, tout n’est qu’au stade de projets, et ce dernier a pris d’ailleurs pas mal de retard ! De plus celui ci devient désormais encore plus hypothétique car on a appris il y a à peine quelques semaines que l’OM est en pleine crise financière : le club affiche un déficit de 105 millions d’euros, un record historique, de quoi freiner ce type d’investissement donc probablement…
Vous avez évidemment été très nombreux à envoyer des questions sur ce dossier pour savoir ce que compte faire les trois candidats avec ce dossier brulant, voici donc la question la plus limpide & directe, envoyée par un habitant, les réponses ont été très longues surtout celle du maire, vous retrouverez donc leurs réponses en deux parties avec aujourd’hui celles de Stéphanie Fayolle Sanna & Arnaud Guiboud Ribaud puis demain celle de Pascal Chauvin.

Quelle est aujourd’hui votre position sur le dossier de l’OM et surtout allez-vous signer le permis de construire de leur camp d’entraînement ?
ARNAUD GUIBOUD RIBAUD
Plusieurs choses. En fait, il y en a deux. Il y a le projet OM. Et il y a le terrain qui est proposé par l’équipe municipale actuelle.
Sur le terrain proposé par l’équipe municipale actuelle, c’est non. Donc, si le permis de construire est sur ce terrain-là , il ne sera pas signé. C’est une terre agricole qui fait partie des meilleures terres agricoles de Trets. Parce que, selon l’endroit où l’on se situe, les terres agricoles ne sont pas toujours identiques… Il y a beaucoup de grenouillères. Donc non, ça, c’est non.
Après, j’aurais aimé, qu’il y ait un vrai débat serein sur cette position. Que l’équipe en place nous explique ce qu’elle envisage, ce qu’elle espère, parce que c’est vrai qu’on est au début du projet, mais qu’est-ce qu’elle espère comme retombées, notamment économiques et financières, pour la commune ? Parce que c’est pareil, on l’a vu : on n’est pas une commune pauvre, on n’est pas une commune riche. Est-ce que, dans les années 80, on avait refusé la zone de Rousset ? C’est Rousset qui l’a eue. Ils ont eu de l’argent, maintenant ils en ont moins. Mais donc, à un moment, ça se réfléchit.
En tout cas, pas sur ces terres-là . Ça, c’est une chose sûre : ce n’est pas sur des terres agricoles.
Donc ce sera un peu complexe.
Et là -dessus, on va voir avec l’OM. Honnêtement, si ça permet de fournir beaucoup d’argent à la commune, de quoi avoir des services publics qui puissent être financés à hauteur de ce qu’attendent les citoyens, qui permettent de lancer des investissements et une rénovation à long terme de la commune, oui. Si ça apporte, à part l’ego, le plaisir de se dire qu’on a le centre d’entraînement de l’OM à Trets, il va falloir que la compensation soit très importante.
Il faut que le gain soit vraiment important.
Je ne suis pas opposé, je ne suis pas complètement favorable non plus.

STEPHANIE FAYOLLE SANNA
NON, parce que mon slogan c’est : « halte au béton, plus de concertation et de protection ».
Nous avons découvert ce projet fortuitement car nous suivons les décisions sur le PLUi, heureusement que nous avons une visibilité sur ces documents. Nous avons constaté une OAP bien ficelée et votée en catimini à la métropole. J’ai formulé, comme la chambre d’agriculture, la FNE et de nombreux Tretsois, une requête sur le registre d’enquête publique. J’ai déposé un recours pour que ces terres soient déclassées en agricoles et redeviennent non constructibles, comme ce qui est stipulé dans l’acte notarié sur une durée de 20 ans.
Alors parler de polémique automnale quand on a tout ficelé derrière le dos des Tretsois pour justifier que l’on a modifié le PLUi pour vendre le patrimoine agricole communal, et que ces terres n’ont plus de vocation agricole mais sont passées en zone à urbaniser, c’est honteux et machiavélique !
Le mensonge en politique est une pratique si courante. Machiavel a théorisé dans Le Prince le recours au mensonge comme un art nécessaire à la conservation du pouvoir.
Nous nous positionnons contre ce projet qui va occasionner 12 hectares de bâti et 6 stades de foot pour une structure fermée au public et qui va vivre en autarcie. Alors il faut déjà bien expliquer aux gens que ce ne sont plus des zones agricoles à l’heure actuelle. Au PLUi, elles sont passées en zone à urbaniser. Donc déjà , il y a un projet. Donc forcément, moi, non, je ne suis pas pour l’OM. Je suis pour déclasser cette zone à urbaniser. C’est possible dans le code de l’urbanisme, en révisant le PLUi, de les reclasser en zone agricole.
Donc, à la rigueur, on proposera à la population de savoir ce qu’on peut en faire. Il aurait pu y avoir un autre projet que ce centre de formation, mais on aurait dû interroger la population tretsoise : est-ce que vous voulez tendre vers une souveraineté alimentaire ? Parce que ce sont des terres arables, on le sait. Ce sont des terres très fertiles. Et d’ailleurs, elles étaient déjà occupées par des agriculteurs. Je veux que ça reste des terres agricoles municipales. Je pense qu’il y a plein de Tretsois qui vivent en centre-ville et peut-être qu’une petite parcelle de 10 mètres carrés de terrain potager pourrait leur convenir pour cultiver.
Après, on a des agriculteurs. Il y a 13 hectares, donc ils peuvent en bénéficier. Donc j’ai un gros projet là -dessus pour concilier habitants et agriculture. Je dis : une vraie maison agricole, un vrai lieu de concertation, et qui mette en avant l’importance de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire dans une commune.
De plus, les Tretsois ne pourront pas aller les voir l’OM. Ce sera sanctuarisé, ce sera en fait interdit au public. Ils vont vivre en autarcie, ce sera un microcosme footballistique de la réserve.
Et qu’est-ce que ça va rapporter ? Au départ, oui, parce qu’ils vont racheter les terrains. Et puis dans 3 ou 4 ans, ils vont partir. Ils vont nous laisser quoi ? Parce qu’ils en auront marre en disant que Trets, c’est trop loin. Pour moi, ce n’est pas un projet. Ce n’est pas une vision d’avenir. Voilà , ce n’est pas une vision d’avenir pour les Tretsois.
Donc ma réponse, c’est non, non, non, je suis contre. Voilà , je suis contre.
On ne peut pas, d’un côté, prétendre défendre l’agriculture et sacrifier des terres agricoles qui appartiennent aux Tretsois pour combler un déficit budgétaire dont on est responsable.
Ce n’est pas que ce soit l’OM ou n’importe quel groupe, n’importe quelle équipe de foot. Ce n’est pas contre l’OM, c’est contre le projet et l’imperméabilisation, la construction, l’artificialisation de ces terres agricoles. Qui ne le sont plus maintenant, de ces terres, mais qui repasseront, si moi je suis élue, en zone agricole. Avec une concertation de tous les agriculteurs pour savoir ce qu’on en fait. Moi, je connais des jeunes qui veulent faire du maraîchage. […] Et puis au dernier congrès des maires, ça a été la première des préconisations : ils ont averti tous les maires de sanctuariser leurs terres agricoles […].
Si on n’a pas à manger, si on a l’OM, et puis d’un point de vue hydrique, on fait comment ? Nous, on ne peut pas remplir nos piscines, et eux, ils vont arroser leurs gazons, parce qu’il faudra un gazon bien vert. Il faut y penser à tout ça. Chaque année, il y a un arrêté préfectoral où l’on demande aux gens soit de réduire, d’abord, soit de ne plus arroser leurs jardins. Chaque année, il y en a un, et il y en aura tout le temps. […] Moi, je trouve que c’est un contresens à l’heure actuelle. Il y a plein de terrains vers l’Arbois, là où tout a brûlé. Qu’ils aillent là -bas, ils seront plus près de Marseille en plus.
Et puis je pense aussi aux habitants, parce que tous ceux qui vivent autour, c’est une moins-value. Ça, il faut vous le dire : à chaque fois qu’il y a un programme de construction, c’est une moins-value sur la maison. En plus, je pense à ceux qui viennent d’acquérir un logement sur Cassin. La moins-value que cela va occasionner s’ils souhaitent revendre leur bien ? La vue sur le centre n’était pas vendue avec le plan. Déjà qu’ils découvrent que de multiples logements vont être construits, avec toutes les difficultés que cela va occasionner ! Rien n’a été pensé en amont !
Vraiment pas favorable pour ce centre de formation de l’O.M Stéphanie Fayolle Sanna à bien raison.