Après la campagne des municipales 2020, qui avait été frustrante et pauvre car perturbée par l’épidémie de covid ayant interdit tous les meetings des deux tours, on se disait qu’il serait difficile de faire pire… Eh bien si : les trois candidats de ces MUNICIPALES 2026 ont réussi. Ainsi, pour la première fois de l’histoire à TRETS, ils ont inventé la CAMPAGNE SEMI-INVISIBLE. Eh oui, vous ne le savez peut-être pas, tant personne n’en parle et tant les candidats ont peu fait campagne, mais on vote ce dimanche 15 mars 2026 pour désigner le prochain maire de TRETS.
Il est donc l’heure ce vendredi soir, d’en faire un debrieff sans concession, ni parti pris, après 2 mois plongés au quotidien dans la vie de ces municipales que vous avez été extrêmement nombreux à lire au quotidien… La 5e campagne que vous couvre en détails le site déjà … Les maires passent, le site reste et cela fera donc le 6e mandat que va couvrir le site….
3 Candidats
Ils sont trois, comme en 2020 (5 en 2014 et 2008, 4 en 2001, 5 en 1995, 4 en 1989), à se présenter aux électeurs. Et pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle (55 ans), aucun membre de la famille FERAUD ne figure sur les bulletins de vote, après Jean de 1971 à 1989 puis Jean-Claude entre 1995 et 2020. . Ce dernier n’a pu se présenter frapper d’inéligibilité par la justice et s’est retiré de la vie publique depuis sa défaite aux dernières municipales.
On retrouvera donc le maire sortant, qui lui avait raflé la place : PASCAL CHAUVIN. Face à lui, pour la seconde fois, STEPHANIE FAYOLLE SANNA, ainsi qu’un petit nouveau, l’élu d’opposition ARNAUD GUIBOUD RIBAUD. Une liste orientée à droite et deux listes se présentant comme plurielles. Mais en réalité, toutes comptent des membres issus de presque tous les partis politiques.
Si la plupart des candidats ont expliqué en interviews ne pas avoir eu de difficultés à monter leur équipe, l’analyse des listes laisse pourtant apparaître une autre réalité. On y trouve parfois des membres d’une même famille, des amis proches ou des personnes issues d’un même cercle relationnel. Leur but était évident et compréhensible : réussir à se présenter en ayant le nombre demandé. Il faut dire qu’à l’heure où les associations ont beaucoup de mal à recruter des bénévoles, recruter 33 à 35 personnes désireuses de s’investir à temps plein pendant 6ans pour faire de la politique et Å“uvrer pour la ville, avec en plus la parité est un sacré périple et qui le sera encore plus à l’avenir… Malgré tout les listes ont été pas mal renouvelées par rapport à celles de 2020.
Une campagne historiquement courte et pauvre
Une campagne pauvre donc, avec seulement trois candidats, mais aussi démarrée extrêmement tardivement cette année, fin janvier, contre début janvier pour 2020 et octobre 2013 pour la campagne de 2014. Bref, du jamais vu. Et les candidats n’ont rien fait pour la rendre passionnante ni pour susciter l’intérêt des Tretsois.
Chacun n’aura organisé que deux meetings : un pour déclarer sa candidature et un pour le premier tour. Et là aussi, la forme, pourtant si soignée dans les campagnes passées avec décorum, mise en scène et organisation, a souvent été oubliée. La majorité des candidats s’est contentée du strict minimum.
Côté tracts, pourtant l’outil phare pour mobiliser les électeurs qui suivent peu la vie locale, le constat est le même : à peine six documents distribués (contre 10 en 2020 et 26 en 2014 avec cinq candidats).
Dans le détail :
2 pour S. Fayolle Sanna
3 pour Arnaud Guiboud Ribaud (mais seuls deux ont été distribués dans toute la ville)
et à peine un gros document pour Pascal Chauvin, diffusé l’avant-dernière semaine.
Aucun communiqué de presse cette année, alors qu’ils étaient légion lors de la précédente campagne. Pas de réunions de quartier non plus, pas de rencontres thématiques avec les Tretsois, pas d’espaces de questions-réponses comme en 2008 ou 2014. À la place, quelques publications Facebook assez régulières. Bref, les candidats n’ont même pas repris les initiatives originales du passé, notamment celles mises en place pendant la campagne du covid où ils avaient pourtant fait preuve d’une certaine créativité.
Côté internet, outre les pages Facebook, un seul clip vidéo a vu le jour dans cette campagne, celui de S. Fayolle. Elle est également la seule candidate à avoir lancé un site internet cette année. Un site moderne et bien réalisé, mais finalement très peu mis à jour. Pascal Chauvin, lui, s’est contenté d’une page permettant de télécharger son programme et de voir la vidéo de son premier meeting. Quant au troisième candidat, aucun site n’a été créé.
Côté local de campagne, un seul a ouvert, celui de Pascal Chauvin. Il faut dire que le fait qu’il s’agisse de sa propre maison familiale place de la Gare facilite les choses. Les deux autres candidats n’en ont pas ouvert.
Au final, Arnaud Guiboud Ribaud ne s’est véritablement lancé en campagne qu’à la fin février, soit à peine trois semaines avant le scrutin, restant quasiment muet auparavant, lui que beaucoup de Tretsois connaissaient encore peu. Pascal Chauvin n’a lui non plus que très peu fait campagne en dehors de ses deux meetings d’ouverture et de clôture et de la diffusion de son programme. S. Fayolle Sanna est également restée relativement discrète loin de sa comm très riche et moderne de 2020.
En gros, si ce site Trets au cÅ“ur de la Provence n’avait pas repris le dispositif de 2014 avec de longues interviews des 3 candidats où chacun s’est longuement et en détails exprimé (6h30 d’interviews au total) sur leurs idées, visions de Trets et du mandat, mais également sur leurs programmes, les sujets d’actualités avec des questions posées en grande partie par les habitants, et des articles postés quotidiennement pendant un mois et demi, il aurait été difficile de savoir ce que pensent vraiment au fond d’eux les 3 prétendants à la mairie et leur vision pour la commune. Un grand merci donc à P CHAUVIN, S FAYOLLE SANNA & A. GUIBOUD RIBAUD pour les heures qu’ils ont eu la gentillesse d’accorder pour répondre à ces interviews. Des entretiens qui ont été très lus mais aussi commentés sur les réseaux sociaux, en espérant qu’elles vous auront permis d’affiner votre choix pour voter et d’en savoir plus sur les candidats. Preuve, s’il en fallait une, que les Tretsois étaient demandeurs d’informations sur ces Municipales. Outre les interviews, les tracts, documents, infos, le site vous a aussi résumé et fait des reportages sur les 6 meetings et vous a filmé en intégralité les réunions pour la première fois…
D’autant que LA PROVENCE n’a fait que 5 articles sur la campagne : 1 sur le meeting de P CHAUVIN et une interview + 1 reportage pour chacun des deux autres.
Mais hélas, côté programmes, la déception était aussi au rendez-vous. Aucun des trois candidats ne propose en effet cette fois ci de véritable grand projet pour les six années à venir. Contrairement à d’autres villes du secteur, Trets ne devrait donc connaître aucune transformation majeure d’ici 2032. Pas de grande rénovation visible comme le cours du centre-ville ou La Gardi sous Feraud, ni comme la place de la Gare sous Chauvin. Autrement dit, les inaugurations pourraient être rares dans les années à venir, car peu de réalisations nouvelles apparaissent réellement au programme du prochain mandat. Les trois listes misent surtout sur la rénovation de l’existant, écoles, bâtiments communaux ou infrastructures. Et les programmes semblent globalement moins fournis que ceux proposés il y a six ans.
On applaudira par contre, le fait que leur campagne ait cependant été respectueuse en très grande globalité, et particulièrement lors des meetings, ce fut une campagne axée sur les programmes, les projets, leur vision pour la commune (avec un candidat jamais cité et qui lui aussi n’a jamais parlé de ses concurrents) et peu sur les attaques, un très grand contraste appréciable pour les tretsois, après l’ignoble campagne de 2020 aussi bien en coulisses qu’en public, ou celle de 2014.
Pourquoi une campagne aussi discrète ? Mystère…. Les 3 pensent ils que l’élection est déjà pliée et que ce n’était pas la peine de se fatiguer ? C’est en tout cas l’impression qu’ils ont donné et que de nombreux tretsois rencontrés pensent (malgré des meetings bien conçus sur le fond où ils ont bien défendu leurs idées) et du jamais vu à TRETS… Cela n’augure rien de bon pour la participation qui avait été très faible en 2020 rappelons le en raison du covid, où les gens avaient peur d’aller voter. Les médias en plus avec la guerre au Moyen Orient ont totalement occulté la campagne depuis 15 jours…
Une guerre d’affichage suite à une bourde de comm…

Une campagne c’est aussi une bataille d’affichages, c’est une tradition à TRETS et partout ailleurs d’ailleurs, mais celle ci a viré à la bourde de communication. Car si les trois candidats ont bien verrouillé leur manière de communiquer, il y a une bourde qui n’a pas été discrète… et celle ci fut un élément majeur de cette campagne ! Difficile de passer à coté du petit spectacle observé en ce début du mois de mars dans nos rues puis sur les réseaux sociaux…
Une bataille toujours amusante à regarder en voyant les candidats se recouvrir les uns les autres, dans un laps de temps souvent très court, sillonnant parfois jusqu’à tard (lors des précédentes campagnes), la commune à surveiller que les adversaires n’aient pas recollé par dessus les leurs . Car les affiches électorales sont un élément important dans une campagne électorale puisqu’elles permettent aux candidats d’être bien visibles, de rentrer dans la tête des électeurs et en particulier auprès de ceux qui ne prennent pas le temps d’aller sur les sites internet des candidats ou même de lire les tracts reçus dans leurs boites aux lettres.
Pour afficher les candidats ont droit à leur panneau respectif près des bureaux de votes, mais ces derniers n’étant pas souvent très bien placés vis à vis des flux de circulation, les candidats optent donc pour les panneaux d’expression libres, souvent plantés dans des endroits bien visibles et donc prisés des colleurs d’affiches. Une campagne de l’image donc avec le message subliminal que font passer ces affiches avec la posture de la personne, le sourire, le cadre etc
Dès mi janvier les colistiers de Pascal Chauvin avaient placardé leur affiche sur les panneaux en en mettant une à chaque fois d’un coté, rejoint ensuite début février par celle d’Arnaud Guiboud Ribaud de l’autre coté, jusque là pas de gueguerre c’était l’entente cordiale ! D’autant que dans le meme temps, le 25 janvier Stéphanie Fayolle Sanna annonçait sur facebook « Notre affiche de campagne est prête, mais nous avons fait le choix de respecter le code électoral en matière d’affichage officiel et d’apposer nos affiches uniquement sur les panneaux officiels situés dans les bureaux de vote (du 2 au 15 mars). #RespectdelEnvironnement. Pas d’affichage sauvage car on retrouve des affiches arrachées par terre et se déclare une « guerre à celui qui colle le dernier sur l’autre ! La politique municipale doit retrouver du bon sens et s’engager dans une responsabilité sociétale et environnementale. On ne peut pas exiger des personnes ce qu’on ne respecte pas soi-même. »
Le hic le message n’est pas passé à ses colistiers semble t’il qui ont dès le mois de février placardé leur premier tract (illisible du coup sur ce genre de panneau), puis parfois des affiches classiques et début mars ils se sont mis à coller, chose inédite, leur tract programme en grand sur les têtes des deux adversaires, là aussi illisible sur de tels panneaux… Résultat les colistiers adverses des deux camps et Arnaud Guiboud Ribaud ont alors fait remarquer, sur leur page de campagne ou perso mais aussi sur les groupes Facebook de Trets cela, screen du message de la candidate à l’appui. Une foire d’empoigne publique et virulente entre colistiers des trois camps, s’en est alors suivie dimanche dernier sur les commentaires dans les réseaux sociaux, devant les tretsois qui lisaient (probablement popcorn à la main) les scuds que chacun se balançaient, un peu dépités du spectacle offert… Un Spectacle qui n’aurait jamais eu lieu si cette annonce n’avait pas été faites ou si la consigne de la tête de liste respectée, car la gueguerre d’affichage est un grand classique et chacun a le droit d’afficher. Conséquence, les affiches ont à plusieurs endroits toutes finies au sol en début de semaine (arrachées volontairement ou par les intempéries ?) emportées par le vent donnant des panneaux vides, mais vite recouverts le lendemain, par seulement les deux premiers, la consigne de la tête de liste qui ne s’est pas exprimée sur le sujet a cette fois visiblement été passée…
Les incertitudes du scrutin…
A première vue, le suspense semble cette fois moins fort qu’en 2020 et les précédents scrutins, pour l’issue du vote, même si en réalité tout dépendra du nombre d’électeurs votants et leur orientation politique. Car la configuration politique est inédite avec une seule liste orientée à droite contre deux plurielles (les électeurs de droite peuvent cependant aussi voter pour l’une des deux), sachant que Trets vote généralement souvent à droite désormais. Le maire qui n’avait été élu que par 2 121 électeurs en 2020 sur plus de 8000 électeurs devra donc défendre son bilan dans les urnes et bénéficiera dans le meme temps de la prime au sortant comme souvent pour une candidature à un 2e mandat. Le domaine de l’urbanisme que l’on ne cesse d’entendre depuis des années pèsera t’il ? Mais que feront les 6000 autres qui n’avaient pas voté s’ils votent cette fois ? Là est la question… Ceux qui avaient voté Feraud iront ils vers Chauvin ou sur d’autres listes puisque celles ci se présentent plurielles et qu’aucune des 3 listes ne met en avant une couleur politique quelconque et n’est labellisée par aucun un parti cette année ? Là est la véritable inconnue, que pensent ils ?
Chaque vote sera donc important dimanche pour l’issue du scrutin, les tretsois réservant aussi souvent des surprises dans les urnes. Mais cette fois, si vous désirez voter ne vous dites pas « je ne vote pas dimanche, j’irais voter au 2e tour », car avec une telle configuration à 3 il pourrait pour la première fois, comme le pensent beaucoup de tretsois de tous bords, et même au sein des équipes, n’y avoir qu’un seul tour. Suspense… Mais un second tour pour plus d’idées, et de meetings serait une bonne chose pour la démocratie tretsoise…
Les bureaux seront ouverts de 8h à 18h et les résultats à suivre ici meme sur ce site en direct dès qu’ils seront connus avec les tendances de sorties des urnesÂ



