On poursuit le comparatif des visions de nos candidats sur l’état des finances communales à travers cette interview comparative. Les finances font en effet beaucoup parler depuis deux ans… Les réponses ayant été très longues elles sont donc publiées au quotidien cette semaine, et on terminera demain avec la réponse du maire sortant (qui ne savait évidemment pas ce qu’ont dit ses adversaires dans ces interviews, mais les meetings, tracts, posts sur internet ou conseils municipaux lui avaient donné un indice). Les finances c’est un thème qui est là aussi revenu dans plusieurs de vos questions, notamment leur manière de financer leurs projets et l’état des finances communales.
Un chiffre à connaitre et qui revient beaucoup depuis des années quand les élus d’opposition parlent de bas de laine de 5 millions d’euros laissé par Jean Claude Feraud, le chiffre était en réalité de 4.398 000 d’euros d’excèdent budgétaire (chiffre du conseil municipal du vote du budget en juillet 2020)

On continue avec Stéphanie Fayolle-Sanna :
En 2025, vous avez beaucoup critiqué la gestion des finances communales de la majorité : pourquoi ? Et pensez-vous que vous allez pouvoir réaliser ce que vous désirez durant votre mandat si vous êtes élu ?
Tout d’abord, nous ferons un audit financier.
Si nous arrivons à la mairie, la première chose que nous ferons sera un audit pour avoir un état des lieux précis des finances : fiscalité, projets en cours, risques et opportunités. En fonction de cela, il faudra ajuster. Cela permettra d’agir et de poser les bases d’une gouvernance éclairée et responsable. Nous ferons une restitution claire et pédagogique, en toute transparence, et nous exposerons les recommandations. Un audit coûte entre 7 000 et 10 000 euros. Peut-être que, d’ici là, la Chambre régionale des comptes donnera des observations ou des avis. En attendant, avec les chiffres que nous avons, cela se vérifie. Tout citoyen peut y avoir accès : il existe un bilan financier. On constate que le fonds de roulement s’est amenuisé. Et quand il est à zéro, la mairie est mise sous tutelle. Il y avait quand même 5 millions d’euros sous Féraud. Nous les avions prévenus…
Forcément, c’est comme dans un couple : si les dépenses sont supérieures aux recettes, cela se déséquilibre. Et malheureusement, cela s’est déséquilibré.
Il y a également eu des emprunts, dont un à taux variable. Est-ce qu’une mairie doit emprunter à taux variable sur 30 ans ? C’est quand même un peu risqué. Voilà pour cette partie. Il faut être responsable vis-à-vis des finances. Donc la première année sera plutôt, entre guillemets, sans gros investissements. Mais cette année-là, nous irons chercher des financements. Dans mon équipe, nous avons Myriam Mori Lorcet, cadre au CEREMA, qui joue un rôle clé dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques nationales et de projets territoriaux adaptés au climat de demain (aménagement, bâtiment, mobilité, transport). Elle est donc parfaitement qualifiée en la matière, car elle maîtrise tous les leviers de financement pour la rénovation énergétique. Nous ne craignons pas de monter des dossiers de financement robustes : c’est au cœur de notre métier et de nos qualifications.
Mais ils sont passés où, les 5 millions ? Environ 1 million par an a été dépensé. Il va donc falloir faire un bilan et, en fonction de cela, l’exposer aux Tretsois en toute transparence. Pour moi, cela a une importance fondamentale. Pendant un an, nous irons chercher des financements. C’est aussi le travail d’un élu : l’argent ne tombe pas du ciel. Il faut travailler pour aller chercher des fonds afin de mettre en œuvre les projets.
Ou alors, on fait le choix de vendre à l’OM. Mais ce n’est absolument pas le mien. Eux, c’est ce qu’ils veulent faire : vendre pour compenser. C’est une stratégie, mais ce n’est pas la mienne. Moi, je préfère développer une belle régie municipale, faire venir de jeunes agriculteurs, créer par exemple une maison du terroir agricole où les habitants pourraient rencontrer les producteurs. Parce que c’est cela, pour moi, l’enjeu. On ne va pas “manger des ballons”. J’aime bien l’OM — on va croire que je n’aime pas le foot, ce n’est pas la question, mais 12 hectares de bâti, et je pense aussi à ceux qui vivent à côté, qui ont acheté leur appartement 680 000 euros et qui pourraient se retrouver avec une vue sur…
Donc mon analyse des finances, c’est qu’elles sont asséchées. Elles sont exsangues, et cela veut bien dire ce que cela veut dire. Même avec la vente du terrain derrière la salle des Colombes, sachant que les 2 millions étaient déjà intégrés dans le budget 2025 ; les graphiques montrent que nous avons trop dépensé en investissement : trop de dépenses et pas suffisamment de recettes. Tout est en négatif. Il faut que les gens soient avertis : si nous arrivons à la mairie, voilà ce que nous risquons de trouver comme situation financière. Et nous nous adapterons. Nous n’avons pas peur. Nous nous retrousserons les manches