On termine le comparatif des visions de nos candidats sur l’état des finances communales à travers cette interview comparative avec le maire sortant PASCAL CHAUVIN qui répond ainsi aux critiques et donne leur état en répondant à vos questions.
Les finances font en effet beaucoup parler depuis deux ans… Les réponses ayant été très longues elles sont donc publiées au quotidien cette semaine, et on terminera demain avec la réponse du maire sortant (qui ne savait évidemment pas ce qu’ont dit ses adversaires dans ces interviews, mais les meetings, tracts, posts sur internet ou conseils municipaux lui avaient donné un indice). Les finances c’est un thème qui est là aussi revenu dans plusieurs de vos questions, notamment leur manière de financer leurs projets et l’état des finances communales.
Un chiffre à connaitre et qui revient beaucoup depuis des années quand les élus d’opposition parlent de bas de laine de 5 millions d’euros laissé par Jean Claude Feraud, le chiffre était en réalité de 4.398 000 d’euros d’excèdent budgétaire (chiffre du conseil municipal du vote du budget en juillet 2020)

Un entretien réalisé avec son directeur de campagne et adjoint à l’urbanisme Jean Christophe Sola
Vous avez démarré votre mandat avec un excédent budgétaire de 4 398 000 euros (chiffre du conseil municipal du vote du budget en juillet 2020) laissé par votre prédécesseur, dans lequel vous avez beaucoup pioché. Vos deux opposants critiquent beaucoup votre gestion des finances communales depuis des mois. Qu’avez-vous à leur répondre et quel est l’état des finances aujourd’hui ?
P CHAUVIN : Alors oui, l’opposition apporte beaucoup de critiques. Mais sans se baser sur ce qui s’est passé. Sur le pourquoi. Elle oublie, elle ne l’explique pas. Et je poserai même la question : est-ce qu’ils en connaissent les raisons ? Est-ce qu’ils les maîtrisent ?
Tout d’abord, moi, je voudrais revenir sur un chiffre. Ne pas prendre celui de 2020. Parce qu’en 2020, il ne s’est rien passé : élections, Covid. Donc l’activité a été quasiment nulle en 2020.
Nous, ce que nous faisons, c’est que nous prenons comme référence une année pleine : celle de 2019.
Dont l’excédent était de 3 531 000 euros.
Et nous arrivons à un excédent en décembre 2025 de 3 200 000 euros.
Alors oui, il y a un écart de 300 000 euros
Le chiffre que vous donnez sera présenté au prochain conseil municipal ?
JC SOLA : Oui. Et c’est un chiffre qui se veut prudent. On nous a demandé d’être prudents sur ce chiffre. Donc on a diminué volontairement.
La réalité, c’est que l’excédent devrait être plus proche du chiffre du fonds de roulement.
P CHAUVIN : Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que lorsque nous sommes arrivés à la gestion de la ville, nous avons dû faire face à une dette cachée.
Qu’est-ce que j’appelle dette cachée ? En fait, des finances de la commune qui ne correspondaient pas aux emplois. Il y avait des postes qui n’étaient pas pourvus et que nous avons dû pourvoir pour faire tourner la machine communale.
Si je dois les détailler :
– un responsable à l’urbanisme
– un directeur des services techniques
– une personne à la commande publique
– nous avons dû intégrer dans les effectifs municipaux quasiment une dizaine de personnes du service jeunesse
Parce que lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait plus de contrats pour assurer la garderie, les temps de cantine, le périscolaire. Donc cela a affecté la masse salariale, qui a augmenté.
Il ne faut pas oublier qu’on n’avait plus de DGS non plus, ni de responsable des finances, qui était parti. En fait, la masse salariale a augmenté parce que nous avons dû recruter. Et cela a été indispensable. Ça, c’est le premier point.
Le deuxième point, ce sont toutes les dépenses nécessaires pendant la période Covid.
Toutes les augmentations que nous avons subies avec la crise énergétique.
Les augmentations liées à l’inflation, qui ont touché à la fois le fonctionnement et les investissements.
Et malgré cela, nous réalisons 25 millions d’euros d’investissements, qui comprennent à la fois les projets structurants et les investissements réalisés dans chaque secteur. Donc arriver à cet excédent, avec un delta de 300 000 euros par rapport à 2019, je pense qu’aujourd’hui — et sans augmenter les impôts — c’est un bon résultat.
Sans augmenter les taux d’imposition communaux, effectivement, et sans augmenter de façon exponentielle l’endettement.
JC SOLA : Parce que là, c’est pareil.
L’endettement au 31 décembre 2019, c’est 7,1 millions.
L’endettement au 31 décembre 2025, c’est 7,6 millions.
On n’a pas surendetté la commune. Au contraire, on l’a désendettée. On est très inférieur au niveau des communes de même strate en matière d’endettement.
Donc il y a eu une gestion prudente, avec toutes les réalisations. On avait un programme très important, qui a été réalisé à 80 %. Des investissements qui se voient. Un résultat excédentaire. Un endettement maîtrisé.
P CHAUVIN : Il faut bien penser que c’est de l’argent public destiné au public. Tout ce que nous avons fait, c’est rendre aux Tretsois les impôts qu’ils avaient payés les années précédentes. Tout en maintenant un équilibre financier.
Je ne sais pas si être un bon gestionnaire, c’est garder de l’argent, garder l’argent des impôts, et ne pas le rendre à la population. La population est en attente.
Nous leur avons rendu des services publics.
Nous avons réaménagé la ville.
Nous n’avons pas augmenté les impôts.
Je crois qu’on a su bien gérer. On a réalisé des festivités, comme les Tretsois voulaient en retrouver.
JC SOLA : On a bien entendu les critiques de nos opposants sur le sujet. Vraisemblablement, ils ne connaissent pas bien le dossier. Ils mentent aussi sur les chiffres. Comment peuvent-ils dire ce qu’ils disent quand ils savent que la cession d’un des fonciers à 2 millions d’euros — le terrain des Colombes — a été décalée de 2024 à 2025 ?
Ils le savent très bien.
Donc ils savent très bien que l’état des finances n’est pas celui qu’ils annoncent en prenant les chiffres de 2024 et non ceux de 2025. Quand on se base en cours de mandat et qu’on ne se base pas sur le dernier exercice… C’est vrai, ce n’est pas encore publié, ce n’est pas encore voté. Mais ils savent très bien ce qui a été encaissé cette année.
Au passage, un dernier bilan établi de la ZAC-Cassin met en avant un excédent à hauteur de 3 millions d’euros. Donc, en fait, en 2028, la ville récupérera 3 millions d’euros. Il se trouve aujourd’hui en effet qu’il un excédent dans l’aménagement de cette ZAC.
Dans le même domaine, pensez-vous que vous pourrez réaliser ce que vous désirez durant le prochain mandat ?

P CHAUVIN : Pour la période 2026-2032 ou 2033, il y a déjà des sujets, comme je l’ai annoncé il y a quelques jours, sur lesquels nous avons travaillé et pour lesquels nous avons déjà des financements. Certains ont été mis en attente parce que la période électorale approchait, et cela a été fait volontairement. D’autres viendront se rajouter, notamment la voie verte pour le multimodal et la place de la gare.
Ce sont des projets en cours d’étude, qui nécessiteront notamment des participations de l’État, comme nous avons eu pour le parc Tritia. Nous sommes déjà en discussion avec les services de l’État pour pouvoir en bénéficier. Mais encore une fois, ce ne sera pas un mandat de gros projets.
Ce sera surtout un mandat pour finaliser ce qui est dans les cartons aujourd’hui, puis entamer ce fameux plan École, qui est prêt, mais qu’il faudra réactualiser, notamment au niveau des prix, et lancer petit à petit.
Comme je l’ai déjà dit en conseil d’école, nous disposons de sept établissements. Les travaux prendront du temps. Mais malgré tout, l’amélioration de la qualité de vie dans les établissements scolaires — pour les écoliers, les enseignants, le personnel — a déjà été travaillée pour pouvoir intervenir dès qu’un budget communal sera voté.
Cela ne veut pas dire que rien n’a été fait. Les écoles ont été entretenues, et des investissements ont déjà été réalisés, au-delà du centre de réserve.
Il y a eu de l’investissement pour les maintenir régulièrement.
JC SOLA : Petite chose importante quand même : il n’aura échappé à personne que nous avons le label Petite Ville de Demain. C’est une convention qui sera renouvelée à partir de 2028.
Elle nous permet d’avoir des études très fortement financées, notamment sur les mobilités et la requalification des espaces publics. Ce sont des études financées à 80 % par la Région et par les territoires. Donc il y a un très faible coût pour la commune, ce qui permet de savoir justement où l’on va.
Ce sont des financements de l’ANCT et la Banque des Territoires , avec un marché pour la requalification de la voie douce, prévue depuis quatre ans déjà. Une étude est en cours sur ce sujet. Elle ne s’est pas sortie du chapeau au dernier moment. Toutes les études d’ingénierie, les études bâtimentaires pour requalifier la gare — le bâtiment de la gare à proprement parler, l’ancienne perception — sont en cours. On ne peut pas tout faire d’un coup. Cela s’étale dans le temps.