La semaine dernière le site vous a proposé les mesures et visions des trois candidats en matière d’urbanisme, on poursuit avec une thématique qui est aussi souvent revenue dans vos questions : l’attribution des logements sociaux. L’occasion enfin de revenir également sur le projet d’hotel (avec un grand parking souterrain dessous) ZAC Cassin à la place du terrain BURLE à l’angle de l’avenue Leo Lagrange. C’est en effet le dernier lot à réaliser sur la Zac puisque le lot d’habitation à la place de POINT P démarrera cette année.

Quelle sera votre politique en matière de logements sociaux, sachant qu’il y a près de 400 demandes en attente aujourd’hui ?
STEPHANIE FAYOLLE SANNA
Il y aura une politique d’attribution des logements sociaux qui sera très stricte et très transparente. On ne les accordera pas tous à la même famille. Il y a des gens qui attendent depuis dix ans un logement. Je veux arrêter la politique du copain qui passe devant. Moi, ce n’est plus possible. Je veux vraiment attribuer à celui qui en a le plus besoin. Il y a un ordre, eh bien on respecte cet ordre. On ne peut pas faire passer le copain devant, la copine devant, la mère de la copine, la mère de l’élu… Non. Moi, c’est aussi pour ça que je me bats en politique.
J’aimerais qu’on remette un peu d’éthique en politique. Pour moi, l’éthique et la déontologie sont essentielles, et ça en fait partie. Il y a trop de gens qui souffrent, on ne peut pas les abandonner. J’ai plein de Tretsois qui me disent : « Ça fait dix ans que j’attends, j’ai une personne handicapée à la maison et je n’ai toujours pas de logement. On a fait passer untel devant. »
D’ailleurs, je suis adhérente à SOS Corruption.
ARNAUD GUIBOUD RIBAUD
Il y en a assez peu qui sont attribuables par la commune. Notamment sur Cassin, il y en a beaucoup qui dépendent de la Métropole. C’est le gros problème de la région Provence dans son ensemble : le prix des loyers est une vraie difficulté. Aujourd’hui, une personne au SMIC n’a pas forcément la capacité de se loger, même à Trets.
Le problème, c’est que la plupart des logements sociaux sont financés par du privé. Ils ont l’obligation de faire 25 % ou 30 % de logements sociaux, donc ils les font. Il y en a beaucoup qui entrent dans des dispositifs où c’est financé par du privé, avec un loyer contraint pendant 9 ans, extensible à 12 ans. Mais après 12 ans, cela sort souvent du parc du logement social.
Donc oui, c’est un vrai problème. Hier encore (ndlr : fin janvier), j’en discutais avec des personnes qui me disaient : « Moi, ça fait trois ans que j’attends un logement social », « Moi, ça fait cinq ans et je n’ai pas de réponse ». Et ce sont des Tretsois.
Je n’ai pas envie de faire une réponse qui ne serait pas honnête. Les logements sociaux, c’est quelque chose d’important. Moi, je pense que l’idéal, mais actuellement la commune est en incapacité de le faire , ce serait que la commune soit propriétaire des logements. Qu’elle construise ou qu’elle réhabilite dans le centre ancien et qu’elle en soit propriétaire. À ce moment-là, c’est la commune qui peut les attribuer aux Tretsois.
Et ce qui serait intéressant, ce serait d’avoir une charte explicative pour qu’il y ait le plus de transparence possible sur les attributions.
PASCAL CHAUVIN

Pour l’attribution, surtout. 85 % d’attribution aux Tretsois dans la ZAC Cassin.
Voilà. Après, moi, je ne participe à aucune commission, parce que je sais qu’on fait plaisir à certaines personnes et qu’on fait peine à d’autres, encore une fois. Mais on a réussi à placer 85 % de Tretsois qui en avaient besoin. Ce qu’on n’aurait pas pu faire s’il n’y avait pas eu cette ZAC.
Donc comment Mme Fayolle va-t-elle pouvoir donner la priorité aux Tretsois dans les logements sociaux si elle n’a pas de logements à proposer ? Où va-t-elle le faire ? Dans l’hypercentre ? Mais où ? Dans le privé ? Dans quoi ?
JC SOLA Adjoint à l’urbanisme : Ah, et puis la commission d’attribution, la mairie n’est pas seule à décider. Il y a des contingents : le contingent métropolitain, le contingent départemental, le contingent préfectoral, le contingent du bailleur et le contingent du maire. Le contingent du maire ne représente que 25 % du nombre de logements sur une nouvelle construction. C’est-à-dire qu’en gros, sur une opération, il y a très peu de logements que le maire peut réellement attribuer. Donc c’est un travail collaboratif entre les services municipaux, puisqu’on a un service logement et les services du bailleur, de l’État, de la Métropole, du Département et du maire.
Il reste dans le projet de ZAC Cassin le lot 6 avec la construction de deux parkings, dont un souterrain, et un hôtel. Allez-vous le réaliser ?

STEPHANIE FAYOLLE SANNA
S’il y a des possibilités, c’est à voir, effectivement, pour l’aménager. Il faudrait étudier le dossier plus en détail, car je ne l’ai pas en main. Il faudrait voir s’il existe des pistes d’amélioration, ne serait-ce que pour les parkings.
ARNAUD GUIBOUD RIBAUD
Justement, l’hôtel, je n’en ai pas forcément envie, parce que je ne suis pas convaincu qu’actuellement on ait besoin d’un hôtel , je ne sais pas combien d’étoiles ils veulent lui mettre , mais on met un peu la charrue avant les bœufs. En revanche, c’est un très bon emplacement pour un parking. Donc là-dessus, j’aurais plutôt tendance à vouloir faire un parking à étage, avec des structures végétalisées pour créer un poumon vert et éviter une dégradation visuelle.
Concernant l’hôtel, je ne suis pas convaincu. Et il y a aussi un autre calcul à prendre en compte : une fois la ZAC Cassin terminée, ce sont 150 logements. Chaque logement a un, deux ou trois véhicules. Le samedi soir, si 10 % des logements invitent une ou deux personnes, cela fait une cinquantaine de voitures supplémentaires. On les met où ?
C’est pour cela que cet espace-là l’espace Burle devra être, à terme, un parking. Quitte à ce que, dans un premier temps, il soit de plain-pied, puis qu’on trouve les financements pour le faire en étage. Mais à terme, il faudra qu’il soit en étage.
PASCAL CHAUVIN
JC SOLA : Bien sûr. La ZAC n’a pas évolué, donc oui. Il y a un espoir que cela se fasse rapidement ? Oui, je pense. De toute manière, la ZAC, il faut la boucler. Après, nous ne maîtrisons pas le foncier nous-mêmes. Il faut que les propriétaires tombent d’accord avec un opérateur privé qui dépose un permis, qu’il obtienne ce permis. Tout cela est acté dans le cahier des charges de la ZAC. Ensuite, il y a les accords et les conventions de ZAC, ainsi que les conventions de rétrocession de foncier qui permettent de réaliser la tranche finale avec les stationnements qui n’existaient pas.
Parce qu’on a fait les comptes : quand on est arrivés sur la ZAC, on supprimait des parkings “à la ferme”. Il y avait beaucoup moins de parkings publics sur le secteur que ce que nous avons réalisé. On a annulé ces suppressions, on en a ajouté le long de la voie, on a créé cette poche de stationnement entre les deux lots. On a augmenté le nombre de stationnements qui étaient prévus initialement par l’équipe précédente.
Concernant l’hôtel, il est toujours inscrit dans le cahier des charges, qui n’a pas été modifié.