3ème partie de l’interview MUNICIPALES d’Arnaud Guiboud Ribaud ! Après avoir abordé sa candidature, puis la constitution de sa liste , ce long entretien aborde cette fois le bilan de ses six premières années de vie politique dans l’opposition et le bilan qu’il tire de la mandature de PASCAL CHAUVIN.

Sur son mandat d’opposition :
Sur un plan personnel, ce mandat de conseiller municipal d’opposition a-t-il été comme vous l’imaginiez ?
Oui, parce qu’il y avait effectivement — et c’est d’ailleurs l’un des axes qui distingue notre collectif — une véritable réflexion sur la démocratie, une notion qui, selon moi, est parfois un peu galvaudée par les institutions et les systèmes en place.
Aujourd’hui, le conseil municipal permet de débattre, parfois avec un peu d’emportement, mais au final, cela reste une chambre d’enregistrement. Je pense que la politique mérite davantage d’échanges et de communication.
Je vais prendre un exemple : lors du dernier conseil municipal du 3 décembre 2025, au moment du vote concernant les terres agricoles — qui visaient, de manière assez évidente, à compenser celles destinées à l’OM — il y a eu un refus de débattre au motif que le projet n’était pas encore finalisé. Justement, c’est à ce moment-là qu’il faut débattre, dès le début.
Je m’attendais donc à plus d’échanges, à une présentation approfondie des projets, et non à voter des dossiers déjà bouclés.
Il y a tout de même eu des efforts, notamment pour la place de la gare, avec des concertations. Certes, il s’agissait davantage de choisir entre A, B ou C, mais l’initiative était intéressante. Elle aurait cependant mérité d’être plus complète, notamment avec l’affichage clair des résultats des votes.
Quel bilan dressez-vous de la mandature de Pascal Chauvin ?
Il y a des choses intéressantes. La réalisation de la place de la gare, par exemple, est positive.
Ensuite, chacun a ses approches. Il y a des décisions que j’apprécie, d’autres moins.
Globalement, moi, ce qui me posera le plus problème, c’est que c’est un mandat qui a ruiné la Commune. Et ça, ça va être compliqué parce qu’on sait qu’il y a des enjeux qui sont majeurs qui arrivent, avec des investissements à réaliser, et ce sera très difficile de pouvoir les faire. Il y a sans doute eu trop d’investissements pour vouloir « montrer ».
Et en fait, non, la Commune, ça prend du temps. Quand on investit 2, 3, 4, 5 millions, ça prend du temps. Et ça, c’est quelque chose aussi que je souhaite remettre en place, c’est-à-dire être transparent là-dessus, dire « NON », c’est comme nous, en particulier quand on achète une maison, on ne le fait pas sur un coup de tête. Ceux sont des choses qui se réfléchissent, on visite, on regarde, on observe, on analyse, et on regarde qu’est-ce qu’on peut acheter.

Alors après, dans les choses bien, il y a quand même eu un retour des festivités, même si la dernière année il s’est s’avéré que pour des raisons budgétaires, elles ont toutes été annulées.
Dans les choses que je regrette un peu, je pense qu’il y a eu beaucoup de négligence dans le suivi des projets. La gare, et notamment le centre aéré : on s’est retrouvé avec pratiquement 50 % en plus par rapport au budget initial. Forcément, ça rend les choses beaucoup plus difficiles. Il y avait un budget pluriannuel pour l’école modulaire et la rénovation des écoles de mémoire. C’est des chiffres qu’il faudra que je vérifie, mais c’était sur 5 ans pluriannuels de 7,9 millions, et il y en a eu 5,3 qui sont passées dans le centre aéré. Donc on se retrouve avec une incapacité de pouvoir faire et de rénover les écoles.
Donc il y a ça. J’ai trouvé aussi que la politique sociale, et notamment le soutien aux associations sociales, manquait un peu. C’est quand même de plus en plus compliqué pour de plus en plus de personnes. Moi je le vois à travers notre association. Il y a des chiffres aussi où on voit bien que par exemple 15% de la population sont en dessous de 15 000 euros, je crois, par an. Il n’y a que 48% de la population qui paye de l’impôt, on est là-dessus et là où ils sont, c’est quand même pas terrible.
Et ça va mériter un petit peu plus de soutien par rapport à ça.
Après, le maire actuel, moi humainement je le trouve très intéressant. Mais j’ai du mal avec le côté, en conseil municipal : dès que l’opposition intervient, il faut impérativement essayer de la ridiculiser, dire qu’elle ne connaît pas les dossiers. C’est quelque chose qui se faisait déjà dans la mandature précédente et qui se reproduit ici, et je trouve ça dommage.
Donc quel maire je veux être ? Je ne veux pas être ça. Je veux être un maire qui écoute aussi son opposition.