Suite de l’interview comparative sur de nombreux sujets que vous avez soumis en envoyant vos nombreuses questions. Et parmi celles ci une portait sur la survie du commerce tretsois en centre ville….

Des commerces ont encore fermés en 2025 et 2 ont déjà annoncés leur fermeture pour avril 2026 Quelles solutions pensez vous apporter afin de re dynamiser le centre-ville avant qu’ il ne disparaisse complètement ?
STEPHANIE FAYOLLE SANNA :
Dans la liste, on a Julien Doumas, ex-boulanger à côté de la porte de Pourrières, qui sera adjoint aux commerces et m’a soumis de nombreuses idées. Tout d’abord, plus de festivités, plus souvent. Pas forcément de grands événements, mais de façon à créer des rues vivantes et piétonnes un week-end par mois. Ça, ça va redynamiser aussi le commerce.
Faire venir d’autres commerçants : il faut allouer une bourse municipale. Il faut attirer les gens, il faut attirer les commerces.
Et puis la propreté : tout est lié à la propreté et à la sécurité. Une revitalisation d’un centre-ville, ça passe par la propreté, la sécurité et des festivités. Tous les commerçants que je vois me disent que ce n’est pas suffisamment nettoyé pour eux. C’est dommage qu’avant, quand il y avait les cantonniers, les villes étaient bien plus propres.
Le centre-ville, c’est vrai qu’il est déserté. J’en connais plein qui me disent : « Non, mais je n’y vais jamais » parce qu’il ne les attire pas, ce centre-ville. Alors qu’il y a beaucoup de choses à faire pour l’embellir, tout simplement pour le rendre propre et sécuritaire. On revient toujours à la même chose. Et les gens, tu les réattires.
Alors il est vrai que parfois la piétonisation peut effrayer les commerçants. Toutes les villes qui ont dit « on va piétoniser », ça a parfois tout tué. Et puis maintenant, elles ne veulent plus revenir à la circulation. Moi, je n’irais pas directement comme ça, mais proposer un week-end par mois où on piétonise pour voir si ça fonctionne. Si ça marche, on garde. Si ça ne marche pas, on fait marche arrière. Je suis plutôt dans l’idée d’essayer.
Le mercredi, il y a plus de monde parce que c’est piétonnisé. Et puis c’est vivant, même si le marché a tendance à s’amenuiser, je trouve. Donc si tu crées des événements comme ça tous les mois, une fois par mois, des rues vivantes… Il avait aussi une idée d’aider les commerces en développant un service de livraison. Par exemple, le fromager qui irait livrer les personnes âgées via des jeunes. Ça, ça peut se monter. On peut fédérer commerçants, municipalité et quelques jeunes.
En contrepartie, on peut leur payer, par exemple, leur permis de conduire via ce service de livraison. Ils iraient distribuer les fromages de la fromagerie. Ils iraient les monter à un senior qui a du mal à venir au centre-ville ou à une femme qui ne peut pas se déplacer parce qu’elle travaille.
On n’abandonne pas la ZAC, bien sûr. On essaie de ne pas concurrencer le centre-ville.
Aménager des places de stationnement à rotation rapide, avec plusieurs places de parking équipées de bornes indiquant le temps restant, pour favoriser la fluidité du stationnement et l’accès aux commerces de proximité.
Maintenir le marché hebdomadaire du mercredi en centre-ville et instaurer un marché un dimanche matin par mois sur la place de la gare.
Soutenir les commerces de proximité : bourse municipale des commerces pour faciliter l’installation d’artisans, cafés culturels et commerces de proximité ; mesures incitatives telles que des aides financières, des exonérations fiscales ou des programmes de formation pour soutenir et encourager l’implantation de commerces.
Intégrer le numérique : initiatives telles que la création de plateformes en ligne pour le commerce local, mise en place de Wi-Fi gratuit dans les espaces publics.
Implication des citoyens : organiser des consultations publiques, des ateliers participatifs et des groupes de travail impliquant les résidents, les commerçants et les acteurs locaux pour recueillir leurs idées, leurs préoccupations et leurs suggestions.
Valoriser les espaces vacants : rénover et réaffecter des espaces vacants pour encourager l’implantation de nouvelles activités, telles que des boutiques éphémères, des galeries d’art, des espaces de coworking ou des projets temporaires.
PASCAL CHAUVIN :
C’est une très bonne question. Je crois que ces dernières années, au-delà des dispositions que nous avons déjà prises pour maintenir le commerce de centre-ville, cela dépend surtout d’une volonté d’investisseurs. Nous avons pu mettre en place des dispositifs de préemption, comme avec l’EPF PACA, pour préempter des bâtiments, notamment celui de l’ancien Café de la Renaissance. Après, nous sommes confrontés à des propriétaires qui ne souhaitent pas rénover ou remettre à disposition leurs fonds de commerce.
Mais cette question du commerce de centre-ville ne touche pas que le 13, c’est général, et on le retrouve même dans les grandes villes. Il faut un projet intéressant pour une clientèle. Et il faut surtout qu’il y ait des investisseurs qui se sentent en capacité, qui aient la volonté d’investir, de louer ou d’acheter un fonds de commerce, de constituer un stock et de vendre.
Aujourd’hui, certains déplorent la disparition de commerces, même si d’autres sont arrivés sur la commune. On peut déplorer, mais à un moment donné, il faut qu’il y ait face à nous des gens qui aient la volonté d’investir. Grâce à l’aménagement de la place de la gare, on maintient le commerce.
Nous avons réussi à vendre le local de l’ancienne police municipale à un artisan d’Allauch qui est en train de réaliser des travaux et ouvrira peut-être cet été. Il faut avoir une certaine attractivité. Mais encore une fois, si on veut des commerces, il faut des habitants. Si on veut des médecins, des spécialistes, il faut des patients. Si on reste entre nous, les commerces ne viennent pas.
Nous avons déjà 20 ans de retard sur des villes comme Saint-Maximin, où les Tretsois vont faire leurs courses. On subit la création de commerces à 20 km d’ici.
Il y a des enseignes aujourd’hui qui ne viennent pas sur Trets parce que Trets fait partie d’un rayon de chalandise, mais ce n’est pas Trets le centre de ce rayon. C’est avec le temps qu’on fera la bascule, qu’on arrivera à changer les choses. Mais cela prend du temps.
Pour que les gens s’investissent, il faut qu’ils y voient un intérêt, qu’il y ait une clientèle potentielle et tous les ingrédients nécessaires pour qu’il y ait de l’offre.
JC SOLA Adjoint à l’urbanisme : C’est aussi la qualité des espaces publics. C’est la présence de parkings. C’est aussi ne pas laisser faire n’importe quoi. On a mis en place une charte des devantures commerciales qui est rigoureusement appliquée aujourd’hui pour toute installation de nouveaux commerces. C’est effectivement l’arrivée de nouveaux clients. Pour qu’un commerce vive, il faut des clients. C’est aussi l’attractivité générale de la commune qui remonte bien depuis cinq ans.
Cela passera aussi par l’amélioration du centre historique. Dans le PLUI, nous avons mis en place un linéaire commercial protégé, que ce soit dans le centre historique, sur Jean Jaurès, sur la République ou partout où il a été défini : interdiction de transformer un local commercial en logement. C’est une première pierre à l’édifice pour améliorer la situation. Pascal a toujours souhaité qu’il y ait des artisans, de l’artisanat local qui puissent s’installer dans le centre, créer un lieu un peu touristique et développer le commerce. Mais c’est une politique générale. Il n’y a pas de solution miracle à sortir du chapeau. Il faut agir sur tous les leviers en même temps, et cela prend du temps.
Depuis le début du mandat, 14 commerces sont toujours en activité. Ce n’est pas un mauvais bilan. D’autres vont ouvrir aussi. On parle des fermetures, mais il y a aussi les ouvertures, comme Le Royaume des Abeilles, etc. Le mandat est loin d’être négatif en matière de dynamisme commercial. On a aujourd’hui plus de diversité.
On a aussi travaillé pour empêcher, quand c’était possible, l’implantation de commerces de proximité dans la ZAC de la Burlière. On ne veut pas que les commerces de bouche (boulangerie, fruits et légumes) soient concurrencés. Mais parfois, on peut agir, parfois non, car on n’a pas toujours son mot à dire. On est sur la bonne lancée. Les commerces proches de Cassin doivent être très contents de l’arrivée de nouveaux habitants.
ARNAUD GUIBOUD RIBAUD :

Normalement, un manager de centre-ville et « Petite Ville de Demain », ce sont de jolis titres, mais cela ne va pas amener grand-chose. C’est un combat difficile. La commune n’a pas forcément toutes les clés. Quand je vois, par exemple, le Café des Sports où le propriétaire ne veut plus louer.
On est aussi sur un problème de places de parking. Donc cela passera par en ajouter.
Je pense que plus on aura de personnes qui travaillent sur la commune, plus on aura de personnes qui consomment sur la commune. Quand on travaille à Aix ou Marseille, on s’arrête faire ses courses à Plan-de-Campagne ou à La Pioline. On ne les fait pas ici. Alors que quand on travaille sur Trets, on fait ses courses sur Trets.
Pour moi, une des réponses est de retrouver de l’emploi sur la commune.
Retrouver de l’emploi, cela fera des gens qui consommeront sur la commune, des commerces qui pourront plus facilement tenir.
Actuellement, il n’y a que les bars qui tiennent encore. Les agences immobilières aussi, mais cela ne dynamise pas un centre-ville.