
Après celles de ses deux adversaires, débutons la grande Interview du maire sortant PASCAL CHAUVIN qui s’est confié très longuement cette semaine au site pendant près de deux heures et demies. Sa première grande interview depuis celle qu’il avait accordé 6mois après son début de mandat en janvier 2021. Un grand entretien, à suivre en différentes parties tout au long du mois de février, ainsi que quasiment quotidiennement pour l’interview comparative.
L’occasion de revenir avec lui sur son bilan sous différents angles, son avis sur l’opposition, et surtout de longuement expliquer les choses dans les détails sur de très nombreux sujets (finances, projets de l’OM, l’urbanisme, réalisations etc) en répondant notamment aux nombreuses critiques de ses adversaires mais aussi de présenter sa vision des choses sur certains sujets d’actualité ou de présenter un peu son programme. Une rencontre effectuée sans notes, où il n’a éludé aucune question (même s’il a parfois fallu relancer pour avoir une réponse précise) et répondu avec franchise, en compagnie de son adjoint à l’urbanisme et directeur de campagne Jean Christophe Sola.

Issu d’une famille tretsoise depuis plusieurs générations, âgé de 53 ans, marié et père de trois enfants, ex-salarié dans le privé pendant 20 ans en qualité de responsable maintenance infrastructure au sein de STMicroelectronics, Pascal CHAUVIN est candidat pour la troisième fois aux élections municipales. Après une première tentative en 2014, où il avait obtenu 10,34 % des voix au premier tour (561 suffrages) puis 10,54 % au second (564 voix), il était devenu conseiller municipal d’opposition pendant six ans.
Fort de cette expérience, il s’est de nouveau présenté en 2020 avec une équipe structurée. Il avait alors créé la surprise en arrivant en tête du premier tour avec 40,47 % des voix, soit 422 suffrages d’avance sur sa principale concurrente, enregistrant une progression spectaculaire de 1 099 voix par rapport à 2014. Au second tour, malgré un contexte marqué par une faible participation (54,02 %), il avait consolidé son avance avec 2 121 voix, soit 47,11 % des suffrages, et avait été élu maire de Trets le 3 juillet 2020, quittant son emploi pour exercer cette fonction à plein temps.
Son mandat s’est déroulé dans un climat globalement apaisé, sans démission au sein de son équipe municipale ni polémique majeure, malgré un contexte marqué par plusieurs crises, notamment la fin de l’épidémie de Covid-19, la crise énergétique et l’inflation.

Vous avez souhaité devenir maire il y a 12 ans, avant de réussir en 2020. Aujourd’hui, après six ans de mandat, ce rôle de maire a-t-il correspondu à l’image que vous vous en étiez faite et quel bilan en tirez-vous, à titre personnel, de ces six années ?
Oui, effectivement, j’avais essayé de devenir maire de la ville, avec une connaissance de son histoire, de sa politique locale. Et aujourd’hui, le bilan que je peux en faire, c’est que ça a été une période chargée, une période avec beaucoup de travail, mais une période épanouissante. Aujourd’hui, je crois que les fonctions de maire sont au-delà de ce que c’était avant, car être maire, c’est quasiment un métier. D’ailleurs, je n’oublie pas qu’au lendemain de l’élection, j’ai dû me mettre en disponibilité, parce qu’il y avait beaucoup d’investissements et de disponibilité à accorder à la ville.
J’avais, en plus de ça, au mois de juillet 2020, la présidence Sport-Culture au Pays d’Aix, et par la suite la présidence de la commission Transport-Mobilité. Alors, ce ne sont pas deux fonctions qui permettent de décider, mais ce sont des fonctions qui, en plus de celle de maire, ont pris du temps tout au long du mandat.
Mais c’est vrai que cela a été un grand plaisir de pouvoir échanger, partager et côtoyer la population pendant ces six années, et une grande fierté d’avoir pu voir aussi la ville changer au travers des projets que nous avons menés.
D’un point de vue municipal maintenant, quel bilan tirez-vous de votre mandat ?
Sur le plan municipal, le mandat peut être pris sur différents axes. Tout d’abord, avoir réussi à reconstituer une administration indispensable pour gérer une ville d’aujourd’hui de 11 000 habitants. Une satisfaction aussi d’avoir été capable de mener une équipe municipale au bout du mandat, et de voir une très grande partie des propositions du programme 2020 réalisées, et même certaines qui n’avaient pas été envisagées au départ.
En tant que novice en politique, vous attendiez-vous et étiez-vous préparé à être confronté à tant de difficultés dans ce mandat : coronavirus, crise énergétique, inflation ?
En fait, il est vrai que ça a été une période très particulière, parce qu’en trois ans, beaucoup de choses ont changé, et il a fallu s’adapter. Nous nous sommes tous adaptés, élus et administration, pour pouvoir adapter une politique municipale par rapport à tous ces changements qui sont survenus et qui nous ont été imposés : la crise sanitaire, l’inflation, les difficultés économiques du pays.
Et puis, il y a également un autre point : les règles d’attribution des subventions de nos partenaires institutionnels, qui sont le Conseil départemental, la métropole et la région. Aujourd’hui, le taux de subvention est beaucoup plus faible que ce qu’il était au début des années 2000 ou avant 2020. Donc ça a été une adaptation permanente.
Quelle est la chose dont vous êtes le plus fier de ces six années ?
Eh bien, je crois que la chose qui m’a le plus réjoui, dont je suis le plus fier, je le dis au travers de mon slogan 2026 : « Trets nous rassemble ».
Je crois que n’importe quel élu peut réaliser des skateparks, aménager des places, construire des infrastructures. Mais le plus beau, c’est d’avoir su rassembler la population, la faire adhérer, retrouver une ville apaisée, que les Tretsois se retrouvent, aiment vivre leur ville, toutes leurs festivités, tous les événements ensemble.
Trets s’est retrouvé et aujourd’hui, oui : Trets nous rassemble.
Y a-t-il une réalisation qui vous tient le plus à cœur ?
Le réaménagement de la place de la gare. Parce que c’est mon quartier, j’y ai fait mes premiers pas. C’était un enjeu important de la réussir. Parce qu’elle est en centre-ville, c’est une place qui est née en 1906 et qui n’avait jamais changé. C’était important de moderniser ce lieu de vie, qui plaise à une grande majorité de Tretsois. Aujourd’hui, je crois que ce défi est réussi.
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À l’inverse, qu’est-ce que vous ne referiez pas aujourd’hui et que vous avez fait pendant ces six ans ou Un regret, comme dans la réalisation d’un projet ?
Non, je n’ai aucun regret. Encore une fois, on s’est adaptés. Aujourd’hui, un maire, et les élus qui l’accompagnent, se doivent de rassurer, de protéger, de s’engager pleinement pour la population qui les a élus. On a joué ce rôle au maximum. Après, on ne peut pas faire l’unanimité sur tout. Mais en tout cas, tout ce qui a été fait l’a été dans l’intérêt général.
Mais après réflexion, oui, il y a bien le développement de la zone de la Burlière sur sa partie commerciale, qui n’a pas avancé, et c’est un échec. C’est un échec, pourquoi ? Parce qu’on a dû faire face à des conflits pénaux, des conflits d’ordre privé entre des entreprises. Et je considère que la ville a été prise en otage, et que nous avons été dans l’incapacité d’apporter une solution, de débloquer cette situation.
Alors Trets a pris, prend du retard dans ce domaine. Nous le regrettons, nous le déplorons. Mais il n’a pas été possible de faire plus que ce que nous avons fait.
A SUIVRE : son avis sur l’opposition et sa réponse à leur principale critique