Suite de l’interview comparative où on va s’intéresser cette fois aux finances de la commune qui font beaucoup parler depuis deux ans, avec la vision de chaque candidat chaque jour de cette semaine sur ce sujet, les réponses ayant été très longues, et on terminera avec la réponse du maire sortant (qui ne savait évidemment pas ce qu’ont dit ses adversaires dans ces interviews, mais les meetings, tracts, posts sur internet ou conseils municipaux lui avaient donné un indice). Les finances c’est un thème qui est là aussi revenu dans plusieurs de vos questions, notamment leur manière de financer leurs projets et l’état des finances communales.
Un chiffre à connaitre et qui revient beaucoup depuis des années quand les élus d’opposition parlent de bas de laine de 5 millions d’euros laissé par Jean Claude Feraud, le chiffre était en réalité de 4.398 000 d’euros d’excèdent budgétaire (chiffre du conseil municipal du vote du budget en juillet 2020)

On démarre par ARNAUD GUIBOUD RIBAUD.
En 2025, vous avez beaucoup critiqué la gestion des finances communales de la majorité : pourquoi ? Et pensez-vous que vous allez pouvoir réaliser ce que vous désirez durant votre mandat si vous êtes élu ?
Alors, je vais répondre d’abord au deuxième point.
Non, on ne compte pas réaliser tout ce que l’on va proposer, parce que justement, notre objectif, c’est d’expliquer aussi, notamment sur la partie investissement, qu’en fait, une ville, ça se construit sur le long terme. Il y a des choses qui doivent être mises en place d’abord en premier, puis ensuite d’autres, et ainsi de suite. Et puis, ce qui est intéressant aussi, c’est de dire : très bien, on va investir 4 ou 5 millions, on a 4 ou 5 millions à investir, on propose ce projet, ce projet, ou ce projet. On peut consulter aussi la population. Donc, pareil, on en revient à une autre méthode de gérer la commune.
On a plein de choses qu’on aimerait réaliser, essentiellement sur des choses qui existent déjà et qui méritent d’être remises en valeur. Donc, on sait très bien que l’ensemble du programme ne sera pas réalisé sur le mandat. Mais on sait aussi que l’intérêt, c’est de le réaliser sur du long terme : c’est une projection.
Maintenant, concernant les finances, oui, je suis assez critique, parce qu’il y a plusieurs choses qui m’embêtent, qui me dérangent beaucoup. D’abord, quand ils ont récupéré la mairie en 2020, il y avait un petit pactole. L’argument, pour le coup, de dire que c’est de l’argent des citoyens et qu’on l’a redonné aux citoyens, je le trouve plutôt valable. Cependant, il a été fait pour quoi ?
Et puis, il faut savoir qu’en plus, en 2020 et 2021, on était sur les années de Covid : on n’avait pas de fêtes, il y avait globalement beaucoup moins de dépenses, de frais de fonctionnement.
Et là, on arrive en fin de mandat, avec un contrôle de la Chambre régionale des comptes.
(Il sort alors les magazines municipaux de ce mandat : Trets Infos, en les ouvrant sur les pages Budget de différentes années.)
On arrive en fin de mandat où on a 29 300 euros. Je parle là du budget 2024, en me basant sur les comptes financiers unifiés de 2024, puisqu’il y a toujours une année d’écart, et que c’est la dernière chose budgétaire votée en juin 2025. On avait 29 300 euros de trésorerie. Et c’est pour ça que je voulais parler de ce document, qui est assez significatif de cette problématique :
Budget 2022, montant global : 29 355 700 euros. En gros, une commune qui investit, qui dépense des fortunes, etc.
Ça, c’est le budget. On a un budget primitif qui doit être voté d’ici avril de l’année en cours, je crois. Le P n’est pas pour « prévisionnel », c’est « primitif ». Donc c’est le budget.
Quand on annonce 29 millions, c’est qu’on a la capacité de faire 29 millions. Ce ne sont pas des choses faites aux doigts mouillés.
On s’est retrouvés, je crois, à 19 millions — il faudra que je retrouve le chiffre — lors des comptes administratifs de cette année 2022, reçus en 2023. Et on a eu comme ça plein de budgets. Tous les premiers budgets, on était à 24, 25, 29 millions… alors que globalement, pour la commune de Trets, on est plutôt entre 19 et 21 millions.
Donc tout d’un coup, on se retrouve avec 29 millions en disant : « on va faire… ». La différence, elle est surtout dans l’investissement, donc c’est par des subventions. Puisque l’impôt, lui, n’a pas changé. Et ce n’est pas du tout le cas. On était à 15 millions de fonctionnement, 14 millions d’investissement, et on n’a pas du tout été là-dedans.
Et puis il y a eu aussi une augmentation des frais de fonctionnement. Le fonctionnement, c’est très rapide à monter, mais très compliqué à descendre. Et on sait aussi… parce que gouverner, c’est prévoir… que lorsque l’État nous annonce : « bon, je vais diminuer l’impôt des Français, je vais enlever la taxe d’habitation », il est gentil, l’État, mais ce n’est pas lui qui touche la taxe d’habitation : ce sont les communes.
Il dit : « on va compenser ». Sauf que la compensation est calculée à l’année où ça s’arrête. Et derrière, il y aura une question sur les impôts, et ça me permettra de réexpliquer ça. C’est-à-dire que, que ce soit Féraud ou Chauvin, quand ils disent : « on n’augmente pas les impôts », en fait, ils n’augmentent pas le pourcentage, mais l’assiette augmente mécaniquement chaque année. Donc l’impôt augmente mécaniquement. Et ce qui est terrible, c’est que l’État dit : « on compensera aux centimes près », mais sans prendre en compte l’inflation. Donc tu te retrouves mathématiquement avec un budget de plus en plus serré. Ça, ça n’a pas été anticipé.
Maintenant, on se retrouve avec zéro marge de manœuvre.
Quand ils disent : « une commune qui se désendette », en analysant entre 2020 et 2026, ce n’est pas possible. Je ne sais pas comment ils sortent ces chiffres. Ils ont fait 4,4 millions d’euros d’impôts. Donc, à part rembourser un million de capital par an minimum — ce qui n’est pas le cas — on ne peut pas se désendetter. Dire « une commune qui se désendette » quand ce n’est pas le cas… surtout qu’en plus, ils ont fait un prêt aussi, ce n’est pas un prêt revolving, je retrouverai le nom exact, mais qui leur permet, quand il y a un défaut de liquidité, de puiser jusqu’à un million d’euros avec un remboursement rapide.
Mais on ne sait pas quel est le taux, on ne sait pas… Enfin, c’est : « hop, je n’arrive pas à payer les salaires, je fais un prêt, puis le jour où je reçois une subvention… ».
Tout ça manque d’anticipation.
À un moment, il faut arrêter la folie des grandeurs. Les finances, c’est le point qui est vraiment politique. Il arrive avec un matelas de 4 à 5 millions d’euros, il repart avec 29 300 euros en caisse.
Justement, avec cette analyse, comment allez-vous financer vos projets ?
Il faut, de toute manière, pour les projets, deux choses. D’abord, des dossiers, parce qu’il faut chercher des subventions. On peut être subventionné à 70 %, donc il reste toujours 30 % à la charge de la commune. Donc les 30 %, il faut avoir les liquidités. Et ensuite, il faut vraiment monter ces dossiers pour obtenir les 70 % : aller chercher des subventions au niveau de la métropole, du département, de la région, de l’État, de l’Europe.
Donc ça va être ça.
Après, comme je l’ai dit avant, tous les projets n’ont pas vocation à être faits pendant ce mandat, parce qu’on est sur une projection à long terme. Donc l’objectif, aussi, c’est que les premières années servent à rééquilibrer et à reconstituer une trésorerie. Ça va être très important. Cela passera par un réajustement de certaines choses. En gros, le fonctionnement, on a 8 millions de masse salariale : ça, on n’y touche pas. Mais on a à peu près 4,4 millions de frais divers, notamment beaucoup d’études, de cabinets… des chapitres un peu flous.
Et on a pratiquement 1 million d’énergie par an. Donc là-dessus, il y a des leviers. Ça se fera petit à petit, on ne va pas renverser la table.
De toute manière, le fonctionnement, c’est très facile à monter, mais plus difficile à descendre. Il faudra le descendre un petit peu, le réajuster, sans toucher à la masse salariale. Et ensuite, lancer les projets une fois qu’on a le financement : c’est-à-dire quand on est garantis d’avoir 70 % de subventions et qu’on a la liquidité des 30 %.
Donc ça se fera sur le long terme. Il n’y aura pas un nouvel étage du château le 23 mars.
Tré beau commentaire , il y a la couverture mais pas les pages. Lorsque l’on parle finances, il faut savoir de quoi on parle et surtout pas dans le à peu prés . Dans ce discours je releve « en gros, je crois, il faudra que je retrouve le chiffre, je retrouverai le nom exact » comment voulez vous trouver de la crédibilité dans ce genre de propos alors qu’en sera t il lorsqu’il sera à la tête de la commune , j’émets des doutes dans la gestion future de la commune si vous êtes élu.