Suite de l’interview comparative des MUNICIPALES 2026 consacré cette fois à l’urbanisme, en répondant à vos questions ! Un sujet qui est assez explosif dans cette campagne et qui n’a eu de cesse d’animer la quasi totalité des conseils municipaux depuis 2020, mais qui anime également énormément les discussions des tretsois au quotidien depuis quelques années, notamment en raison de la Zac CASSIN et ses nombreux immeubles soit 550 logements construits, sans parler des autres projets immobiliers qui ont poussé un peu partout ces dernières années : immeubles ou ensembles pavillonnaires etc.
Après la version de Stéphanie Fayolle Sanna hier, place à celle du maire sortant Pascal CHAUVIN à qui vous aviez soumis également des questions bien précises, il ont ainsi fourni une réponse avec son adjoint à l’urbanisme et directeur de campagne Jean Christophe Sola une réponse très explicative et détaillée. Ils ne savaient évidemment pas ce qu’ont dit ses adversaires dans ces interviews, mais les meetings, tracts, posts sur internet ou conseils municipaux leur avaient donné un indice.

Pouvez-vous nous donner des chiffres du nombre de nouveaux logements depuis 2020, leur taux d’occupation et vos projections jusqu’Ã 2032 ?
JC SOLA : Alors non, il est difficile de donner le nombre exact de nouveaux logements. D’abord parce qu’il y a une différence entre les permis délivrés, ceux qui sont mis en Å“uvre, ceux qui ne le sont pas et ceux qui sont en cours de construction. Aujourd’hui, sur les nouvelles opérations, il faut aussi compter les permis « au fil de l’eau » : M. et Mme Dupont qui construisent leur maison, etc. Donc c’est extrêmement compliqué si l’on veut tout collecter précisément.
Si l’on parle en revanche des gros projets, concrètement, il y a eu quoi ? Quand nous sommes arrivés, nous avons récupéré Cassin ; aujourd’hui, ce n’est pas encore terminé. Mais on peut facilement compter le nombre de logements (ndlr : 550) qui ont été mis en service et ceux qui vont l’être. Cela, c’est connu, les dossiers sont publics.
L’entrée de ville, avec l’opération route de Peynier, représente 60 logements. C’était prévu dans le PLU de 2017, en emplacement réservé pour de la mixité sociale.
En face de Sport et Musique, c’est un permis qui datait de bien avant nous et qui n’avait pas bougé : il existait déjà .
Graffine, c’est un projet qui était en discussion avec la municipalité précédente. Et c’est en zone urbaine.
Tout comme le projet de Sainte-Anne, en zone UD. On ne pouvait pas le refuser.
Donc : 46 logements à Graffine ; Sainte-Anne, avenue Sainte-Victoire, c’est une trentaine de logements, qui ne sont pas encore démarrés ; 60 logements route de Peynier ; et les logements de Cassin. Et c’est tout. Il y a eu quoi d’autre ? Oui, 7 logements par-ci, 7 par-là . Je crois qu’il y a eu 7 logements route de Pourrières, juste après la PM. 7 maisons sur l’avenue de Graffine aussi. Il n’y a pas eu d’inflation. Ce qui paraît le plus important, c’est Cassin, mais cela fait 15 ans que c’est décidé.
Après, sur Cassin, il y a aussi Logis Méditerranée à la place de la salle de sport, mais là encore, quand nous sommes arrivés, le permis était déjà en cours d’instruction.
P CHAUVIN : Mais en tout cas, comme je l’ai dit lors de ma déclaration de candidature, il faut comprendre le sens de cette planification. Il y avait cette zone industrielle en plein centre-ville et elle a été remplacée par du logement. Parce que la population, aujourd’hui, en a besoin. Tous les jours, on vient me voir pour du logement. On les loge où, les gens ? Et les futures générations ? Entre 2000 et 2020, combien de jeunes Tretsois sont partis habiter dans le Var alors qu’ils voulaient rester à Trets ? Il n’y a que ceux qui sont arrivés il y a 30 ans qui peuvent dire : « On est venus à Trets pour avoir la tranquillité. Maintenant, on ne veut plus personne. »
On ne veut plus personne ? Et les enfants qui sont dans les écoles aujourd’hui, demain, on les logera où ? Ils devront partir ?
JC SOLA : C’est comme ça que l’on fait vieillir une population.

Et justement, quelle est votre politique en matière d’urbanisme pour les six ans à venir ?
P CHAUVIN : Notre volonté, c’est d’arriver à absorber cette population. Au sein de la ZAC Cassin, il y a quand même une partie non négligeable de Tretsois. L’objectif est que tout se passe bien dans ce nouveau quartier, qu’il n’y ait pas de nuisances, ni pour ceux qui y vivent, ni pour l’ensemble de la ville.
Nous avons hérité d’une situation. Maintenant, il faut souffler et voir comment cela se passe, tout en réalisant les futurs aménagements prévus. Après, une chose est claire : quand on nous demande un permis de construire en zone constructible, on ne peut pas le refuser. Comme lorsqu’un promoteur rachète une maison.
JC SOLA : C’est ce qui s’est passé sur Graffine, sur l’avenue Sainte-Victoire et ailleurs. C’est typiquement ce que voulait l’État, et ce qu’il veut toujours : reconstruire la ville sur la ville, et donc changer la physionomie de notre commune.
Notre politique d’urbanisme est clairement retranscrite dans le PLU 2024. Les zones UD, les zones pavillonnaires, doivent rester pavillonnaires : 30 % d’emprise au sol, pas plus.
Les immeubles que l’on a vus pousser dans ces zones-là l’ont été parce que nous sommes dans un État de droit. Un règlement s’applique. On ne peut pas refuser arbitrairement. D’autant plus que nous sommes une commune carencée, sous arrêté de carence du préfet. Le préfet peut se substituer au maire pour délivrer les permis. On l’a vu à Allauch et ailleurs. Tout se joue au niveau du règlement. Et ce règlement, nous l’avons adapté.
La zone UD est désormais limitée à 30 % d’emprise au sol.
Il y a eu aussi une ouverture de la zone UGB pour du pavillonnaire, avec 5 % d’emprise au sol. Cela correspond à des maisons sur des terrains de 1 000 à 2 000 m². C’est ainsi que cette zone a été pensée.
Il faut aussi tenir compte des contraintes du SCOT, de la production de logements sociaux et des obligations vis-à -vis du préfet. Il faut donc des enveloppes de projets.
Quand nous sommes arrivés, il y avait deux OAP : l’Hermitage et la Gardi. Elles existent toujours dans le PLUi, mais elles ont été resserrées avec des contraintes très précises. Et cela s’inscrit dans le long terme.
P CHAUVIN : Voire très long.
JC SOLA : Oui, voire très long. Contrairement à ce que certains laissent entendre, nous avons mis en place des garde-fous pour que cela ne puisse plus se produire de la même manière. Il y a eu un rattrapage colossal avec Cassin. Et d’ailleurs, il me semble que Féraud expliquait à l’époque que la ZAC se ferait sur un certain nombre d’années, ce qui est inexact. Car à partir du moment où la ZAC est réglementaire, qu’un promoteur signe avec le propriétaire et que le règlement permet de déposer un permis, on ne peut pas s’y opposer si le dossier est conforme. Les promoteurs n’attendent pas. Ils déposent les dossiers. S’ils sont conformes, on doit les délivrer.
D’où ces constructions quasiment en même temps. Cela ne pouvait pas se passer autrement. C’était impossible.
Précision : le projet de complexe de l’OM ou encore le sujet des logements sociaux seront abordés dans d’autres articles d’ici la semaine des meetings du premier tour.