On poursuit les interviews comparatives des candidats pour s’intéresser cette fois à ce qu’ils comptent faire pour animer et dynamiser notre commune en matière de festivités et culture, deux domaines auxquels les habitants tiennent beaucoup. Les festivités et animations ont très fortement augmenté dans ce dernier mandat, mais ont hélas progressivement diminué année après année depuis 2002 en qualité et quantité, arrivant à une année 2025 bien pauvre et sans gros spectacles au grand dam des tretsois qui l’ont très fortement fait savoir.

Que comptez-vous faire pour développer la vie culturelle et festive ?
ARNAUD GUIBOUD RIBAUD
Plein de choses, car la culture pour nous, c’est vraiment un axe très important. C’est le deuxième axe après la gouvernance.
La culture passe actuellement beaucoup par la vie associative et c’est très important de continuer sur cet effort-là . Aussi bien la culture traditionnelle que la culture de spectacle à travers les associations de danse, de chant, l’école de musique maintenant. Donc déjà , avoir un soutien indéfectible par rapport à ça.
On veut donc :
Favoriser la mise en réseau des associations, renforcer les coopérations entre structures œuvrant dans des champs proches et mieux mobiliser les compétences locales lors de projets communs.
On veut une politique culturelle qui soit accessible et ambitieuse. Redonner à Trets une véritable dynamique culturelle, avec une programmation régulière, diversifiée et lisible, avec l’objectif d’atteindre à terme un rendez-vous culturel par mois, ce qui se fait à Puyloubier d’ailleurs.
Il serait d’ailleurs intéressant de voir avec nos voisins de Puyloubier, Rousset, Fuveau et autres, où chacun aurait un week-end et comme ça on peut offrir une diversité tous les week-ends dans la vallée, sans qu’une commune soit en capacité de pouvoir générer tous les week-ends des spectacles. Ce serait chouette mais compliqué. Au moins en avoir un par mois.
Après, dans l’attente de la création d’équipements structuraux, nous souhaiterions soutenir les initiatives existantes comme celles qui émergeront. Par exemple, les restaurateurs qui programment des artistes bénéficieront d’une remise partielle ou totale de la taxe d’occupation de l’espace public.
Un officiel des spectacles et événements en version papier et numérique permettra de mieux informer les habitants et de valoriser l’ensemble des initiatives locales.
Nous engagerons également une réflexion de fond sur la création d’une salle de spectacle, adaptée à une commune de plus de 10 000 habitants. Mais ce projet serait très difficile sur un mandat.

Après, il y a une autre partie : refonder la médiathèque municipale. C’est un équipement central de la vie culturelle. En faire un lieu vivant, ouvert, équilibré, accessible à tous, au service de la culture, de l’éducation populaire et du lien social. Le numérique est un outil utile mais il ne peut pas s’imposer comme une finalité exclusive. Le livre, la lecture et la médiation culturelle doivent retrouver une place centrale. Nous engagerons un plan pluriannuel de reconstitution et de renouvellement du fonds documentaire avec des priorités claires : jeunesse, bande dessinée, roman, ouvrages de réflexion, documentaires de base sur les grands enjeux contemporains. Cette démarche sera progressive, budgétairement maîtrisée, construite avec les professionnels. La médiathèque doit redevenir un lieu de rencontre et de vie culturelle : accueil du public, rencontres d’auteurs, petites expositions et ateliers, ce qui se fait déjà mais on veut aller encore un peu plus loin. Je reconnais qu’il y a déjà beaucoup de choses qui sont faites, mais la grande salle numérique est trop grande. On a perdu du livre pour ça…
Et un bilan annuel public permettra de rendre compte de la fréquentation, des usages, des projets menés et des moyens engagés.
Le patrimoine fait aussi partie de la culture.
Donc redonner vie au patrimoine communal en l’inscrivant dans une dynamique culturelle et associative : réhabilitation de la maison seigneuriale afin de créer à moyen ou long terme une maison des artistes ou un lieu de création ouvert, en lien avec le centre ancien.
Nous envisagerons également, en complémentarité avec la Maison du Bel Âge, la création d’un foyer dédié aux anciens, lieu de rencontre, d’activité et de transmission intergénérationnelle.
L’école de musique fera l’objet d’un travail spécifique afin d’améliorer l’offre pédagogique et de revoir son cadre administratif en lien avec les enseignants et les familles.
La culture est aussi un levier de solidarité. Nous améliorerons les conditions d’accueil des associations caritatives et utiliserons les bâtiments municipaux inutilisés pour créer, lorsque cela est nécessaire, des espaces d’hébergement d’urgence. Un numéro, voilà .
Et en termes de festivités ?
En termes de festivités, on va rester sur le programme actuel, ça c’est sûr, et puis après on est ouverts à tout, parce que la plupart des festivités, à part les médiévales, sont généralement portées par des associations. Donc on reste ouverts : notre porte est ouverte pour toute association souhaitant faire une nouvelle festivité.
Mais pour le 14 juillet, j’aimerais bien qu’on remette le bal populaire du 14 juillet. Pareil pour le 21 juin. Et un dernier pour clôturer aussi la journée des associations.
Je voudrais qu’on retrouve les orchestres sur le cours.
Et recevoir des têtes d’affiche, ça fait partie de votre programme, comme ça a été fait un peu dans ce mandat ou dans le précédent ?
Après, c’est une question d’argent. Est-ce que faire venir les Gipsy Kings ou faire trois séances… trois orchestres, ou quatre sans doute… je préférerais les quatre orchestres. Je ne suis pas fermé aux têtes d’affiche. Je me dis juste qu’on n’a pas forcément les infrastructures et les finances pour ça. Par contre, oui, avoir plus d’orchestres et de bals populaires, oui.
STEPHANIE FAYOLLE SANNA
On souhaite créer beaucoup de choses autour de la jeunesse, tout d’abord avec un salon du manga. Je trouve que ce sont des choses qui sont sympas pour les jeunes, qui sont susceptibles de les intéresser. Mais en même temps, on peut faire le festival du graffiti, du street art, de la photographie, du cinéma… On peut créer des choses qui ne sont pas forcément très onéreuses à mettre en place, mais qui peuvent attirer des jeunes de partout.
Beaucoup de festivals autour de la culture : culture et art, culture et écologie.
Une fête annuelle de la culture avec des spectacles, des artisans, des stands associatifs, une scène ouverte avec de la musique, du slam, du théâtre amateur, au kiosque de la gare, la saison du patrimoine vivant, des visites guidées.
On a aussi pour idée de mettre en place une bourse aux résidences municipales pour soutenir un projet artistique. On pourrait ainsi chaque année voter un budget et proposer aux associations de les rémunérer pour qu’elles créent un projet artistique, comme monter un festival jeunes talents : photo, peinture, dessin, sculpture, vidéo, slam, éloquence.
On a aussi des projets autour de la médiathèque : travailler sur des thèmes écologiques, travailler sur des ateliers de recyclage. On a un programme aussi pour rendre les rues vivantes.
Il faut que ça soit plus festif l’été à Trets, car cet été c’était morne. Donc on veut mettre davantage de spectacles, d’animations. Ce ne seront pas forcément de grands spectacles, mais on va en faire plus souvent, où il y a plus de participation citoyenne. Il y a des talents à Trets, il faut surtout réanimer nos rues.
Dans la liste, on a aussi quelqu’un qui a des relations avec le monde du cinéma, qui connaît beaucoup de monde dans le monde du spectacle. On pourrait ainsi faire venir des tournages de films. Ça peut mettre de l’animation, attirer du monde.
Et faire venir des têtes d’affiche, c’est au programme ?
Oui, c’est important pour la ville, ça participe aussi à l’image de la ville. Investir de l’argent là -dessus, faire venir un humoriste une année, un chanteur l’année suivante. Chaque année un style différent. On s’engage à ce qu’il y ait une tête d’affiche qui vienne chaque année.
C’est vrai que les Nuits de Trets, c’était peut-être trop, trop parce qu’il n’y avait pas suffisamment de budget, quoique Feraud avait bien géré son budget. Ça, je ne peux pas lui reprocher, il avait une bonne gestion budgétaire.
Donc si on a les moyens, bien sûr, on aimerait bien faire venir des artistes ou des groupes aussi pour les jeunes. Ça permettra d’attirer du monde à Trets, qui vient d’un peu partout. On peut aussi travailler, mutualiser avec d’autres communes. Quand tu as des gros projets comme ça, tu peux les faire avec les autres communes, faire venir des spectacles qui coûtent un peu plus cher, mais comme tu mutualises, ça revient un peu moins cher. Mais ça, il faut se concerter avec les autres maires.
PASCAL CHAUVIN
Animer Trets était un des objectifs de votre mandat. La mission a été réussie dès le premier été, qui avait été véritablement le plus beau de l’histoire en termes qualitatifs et quantitatifs, avec une vraie recherche de spectacles non piochés dans des catalogues des collectivités. Puis patatras : d’année en année, le programme a diminué, en qualité et en quantité, arrivant au très pauvre été 2025. Même chose en culture avec une basse saison très pauvre en spectacles. Déjà , pourquoi cette baisse progressive et que comptez-vous faire pour développer la vie culturelle et festive dans ce nouveau mandat ?
Je crois que la vie culturelle et festive a été au rendez-vous. Les Tretsois ont été au rendez-vous. Et le dynamisme de la ville a dépassé ses frontières, puisque je crois que Trets a véritablement rayonné. Et de nombreux visiteurs ont beaucoup apprécié tout ce qui se passait à Trets. Donc je crois qu’en termes de dates, à l’exception des médiévales l’été dernier, le calendrier a été bien chargé.
Après, pour organiser toutes ces festivités, il y a un coût. Et comme pour tout, ce coût tend à être de plus en plus important. Et moi, je déplore que les orchestres, les troupes, les groupes croient que les communes, aujourd’hui, demain, vont être en capacité d’accorder des enveloppes équivalentes, voire plus grandes, pour leur venue, pour l’animation des villes. Ils se trompent.
Typiquement, faire venir pour une soirée un groupe comme Mephisto (ndlr : un très grand orchestre qui avait animé le cours en juin 2022), je crois que c’était 10 000 balles, eh bien c’est fini. Je le dis, c’est fini.
Donc vous ne ferez plus venir de gros orchestres ?
Non. Parce que ce n’est plus possible, et je crois que ce n’est pas raisonnable, de mettre 10 000 euros dans une soirée. Donc non.
D’autant que chaque événement a son public. Le public que l’on reçoit en centre-ville est différent du public que l’on va recevoir dans la cour du château. Parfois, au château, ça peut être équivalent au parc Trittia, et le soir où nous avons fait venir les Gypsy Kings, il y avait peut-être encore plus de monde sur le stade, mais c’est encore un autre public.
Nous avons sur Trets, pour chaque événement, un public différent. Alors oui, c’est savoir s’adapter. Mais aujourd’hui, je ne souhaite pas que la commune investisse des sommes importantes pour des événements de quelques heures. Ce n’est pas raisonnable.
On peut faire, je crois que la ville fait beaucoup en termes d’animation. Après, nous avons le soutien des associations culturelles, traditionnelles, qui organisent également beaucoup d’événements, qui sont présentes chaque fois que la ville les sollicite, chaque fois que c’est la ville qui est porteuse d’un événement.
Mais mettre de l’argent comme il en était mis avant, c’est fini. Les villes ne peuvent plus.
Mais pourtant c’est ce qui faisait venir les Tretsois en centre-ville et qui animait la commune.
Mais ça anime, mais on les a, ces événements.
Donc par exemple, les beaux spectacles que vous aviez organisés en 2021 : gospel, tribute, spectacle pyrotechnique, etc., avec de très belles programmations, vous ne referez donc plus ce genre de gros spectacles ?
Mais ça peut arriver de faire peut-être une date, se faire plaisir, d’offrir quelque chose d’exceptionnel. Mais l’exceptionnel est exceptionnel. Ce n’est pas au mois de juin, au mois de juillet, au mois d’août, ou tous les 15 jours. Ce n’est pas possible.
Une date, par exemple ?
Une date, oui, peut-être trouver un moment phare. Mais voilà , arriver à faire… Mais là aussi, pour arriver à organiser des festivités à un niveau équivalent, il faudrait augmenter l’enveloppe. Eh bien non. Non, parce qu’il y a des priorités. Les priorités, c’est l’entretien de la ville. Donc garder une enveloppe, oui, mais en étant raisonnable. À trouver quelque chose de qualité, mais pas, je vais le dire vulgairement, claquer les ronds. Je crois qu’il faut savoir être raisonnable. Parce que quand on reçoit une troupe, tu la paies cher, ils te demandent encore de les faire manger, il faut les loger. Ils ont besoin, certes, de travailler, mais ils ne peuvent plus vivre sur le dos des collectivités.
Toutes les collectivités , et on voit même le département, on voit la région, on voit la métropole; coupent les robinets. Trets coupe aussi les robinets. On coupe les robinets aussi, parce que nous, l’argent, on ne nous en fait pas cadeau. Et il faut savoir être raisonnable.
Donc des événements, oui, mais en restant raisonnable.
Voilà , si on est face à des producteurs qui ne sont pas raisonnables, je suis désolé, mais ils n’auront pas davantage de moyens adressés.
Vous continuerez à recevoir des têtes d’affiche, un peu comme ce que vous avez fait avec Lola Dubini, Booder, etc. ?
La tête d’affiche, oui, arriver à avoir une tête d’affiche, mais une. Oui, une à l’année. Ma famille, par exemple, me parle tout le temps du spectacle des hypnotiseurs. Ça avait été une soirée exceptionnelle. Voilà , quelque chose d’exceptionnel. Mais en faire une par an.
Donc pour arriver à en faire une, il faut travailler sur l’ensemble de la programmation.
Et continuerez-vous à faire « les Jeudis de Trets », le « Rempart Festival » avec la société de production Chouette Compagnie que vous avez programmée avec eux depuis plusieurs années maintenant ?
Je le souhaite parce que ça attire du monde. Disons qu’en fait, voilà : en 2021, tu subis après l’inflation, la crise énergétique, où tu sors des sous dans d’autres domaines. Et qu’à un moment donné, les enveloppes, il faut arriver à les équilibrer. Donc c’est voir aussi, dans les années à venir, le coût des choses, c’est tout.
Et en matière culturelle, dans la basse saison, enrichir le programme culturel, c’est au programme, car il y en a peu ces dernières années ?
Ce que je demande à la fois à un élu, au service, c’est d’arriver à me faire des propositions. […] C’est voir après justement ce que parfois nos partenaires peuvent aussi nous proposer. Parce qu’il y a des dispositifs métropolitains, départementaux. Après, je suis ouvert à tout.
Il faut donc que les producteurs comprennent que les collectivités ont des difficultés financières. Si eux veulent continuer à vivre et à travailler, il faut qu’eux aussi fassent des efforts et nous proposent des tarifs corrects.