Seconde partie de la longue interview de 2h que Stéphanie Fayolle Sanna a accordé au site pour ces MUNICIPALES 2026. Après avoir abordé en Première partie sa candidature place cette fois à son role de maire et son analyse du bilan de la municipalité Pascal CHAUVIN. Elle a en effet été chef de file de l’opposition de 2014 à 2020 sous JC Feraud puis de 2020 à 2026 sous P Chauvin.

Quel maire souhaitez-vous être si vous êtes élue ?
Alors : Exemplarité, transparence, responsabilité & Authenticité avant tout.
La proximité, on la crée avec les personnes. Donc oui, la proximité compte. Mais vraiment je tiens surtout à la transparence et à l’exemplarité. Dans le sens où il ne faut attendre aucun favoritisme de ma part. Il n’y aura aucun favoritisme. Aucun clientélisme.
C’est parfois difficile. On me dit que, quand on est élu, il faut… Ben Oui, peut-être. Mais je recevrai tout le monde, de tous partis. Même s’il s’agit d’adversaires politiques. Je les recevrai, je les écouterai et je traiterai leur dossier de la même façon. Il n’y aura aucune disparité. Un Tretsois est un Tretsois.
Je m’engage également à tenir des permanences hebdomadaires et à répondre à tous les mails. C’est ça, la proximité.
Comment avez vous vécu ce mandat dans l’opposition ? Était-il différent par rapport à celui vécu sous Jean-Claude Féraud ?
Différent dans le sens où c’était plus pugnace, plus combattif. Sous Féraud, j’y ai beaucoup plus appris. Après, c’était mon premier mandat. Je me suis beaucoup plus formée. Il était perspicace, pertinent. J’ai suivi beaucoup de formations d’élus sous son mandat, d’ailleurs. J’en ai fait un petit peu moins dans celui-ci, à part quelques formations sur le budget.
Ce mandat, je l’ai surtout vécu avec un peu de frustration. Une frustration parce qu’on n’allait jamais au fond des choses. On n’a jamais eu de réponse fidèle à nos questions. J’aurais eu ChatGPT qui me répondait, c’était pareil.
Parfois, on formulait des questions claires. Il suffisait de dire oui ou non, en argumentant. On avait des discours sur lesquels on ne pouvait pas questionner, ni interroger. Même sur le budget, quand on intervenait, on mettait fin à la discussion : « Oui ou non, on ne discute pas de ça. »
Ça a été frustrant. Je le pensais au départ beaucoup plus démocratique, beaucoup plus à l’écoute, plus transparent. Après on apprend toujours. Et comme ce n’était pas forcément la même ligne politique… Mais il y a eu des choses qui ont été bien. Je ne critique pas tout. D’ailleurs, en tant qu’élus d’opposition, nous avons avalisé quasiment 90 % des points de délibération. Nous nous sommes opposés au programme de construction, à des choses qui ne nous paraissaient pas pertinentes.
Quel bilan dressez vous de la mandature de Pascal Chauvin ?
Mitigé ! Entre des finances exsangues, le béton à outrance et les futurs projets de construction qui vont bientôt arrivés qu’ils ne mentionnent nulle part — plus de 450 nouveaux logements à La Gardi, à l’Ermitage, à l’entrée de ville , ils ne s’arrêteront jamais en fait ! Trets ne pourra plus absorber autant d’habitants. Trets va suffoquer, et ses citoyens avec.
Cette urbanisation à outrance va conduire à quoi ? Nous n’avons plus suffisamment d’infrastructures routières. Quand on parle de 600 logements en plus, cela représente au moins 1 200 personnes supplémentaires. D’un point de vue routier, sportif, est-ce que la commune pourra tout absorber ? Les installations d’assainissement, l’électricité, l’eau : est-ce que cela a été pensé ?

Les écoles aussi. J’ai l’impression qu’on construit, qu’on construit, mais qu’on ne réfléchit pas à la manière dont on va accueillir et absorber tout cela. Monter à 14 000 habitants c’est énorme !
Il y a eu des inondations. Et on va encore construire 50 logements à La Gardi, alors qu’on sait très bien que c’est un secteur exposé au risque d’inondation. Au PLUI, beaucoup de zones qui n’étaient pas urbanisées, qui étaient agricoles, ont été rendues constructibles. Voilà le projet futur.
Moi, je veux me battre contre ce projet. C’est pour cela que je me présente. Stop au béton. Place à la réflexion.
Au cours de notre mandat d’élus, nous avons pourtant sans cesse alerté sur les risques d’effondrement des finances communales lors des débats municipaux sur le budget. Le fonds de roulement s’est fortement amenuisé. Lorsqu’il arrive à zéro, c’est la mise sous tutelle. La Cour des comptes est intervenue. Nous attendons ses conclusions, mais elles arriveront après les élections. Malheureusement, dans le bilan récemment présenté, l’état des finances n’a pas été évoqué. Omission volontaire ? Comme la venue de la Cour des comptes ?
De facto, les Tretsois ont été à la diète cet été, avec peu de festivités organisées, conséquence selon nous d’une mauvaise gestion de l’argent public.
Les réfections de voirie communale n’ont pas été suffisantes. Chaque année, une route aurait dû être refaite.
Des projets ont été concrétisés, comme le centre aéré. Mais nous l’avions tous dans notre programme. Nous l’aurions, pour notre part, implanté plus près du village.
A SUIVRE DANS QUELQUES JOURS : Les alliances éventuelles au 2e tour, ce qu’elle fera en fonction des résultats,