Le quotidien
LA PROVENCE a consacré ce dimanche 27 mars 2016, un article d'une page très émouvant consacré au terrible drame qui a eu lieu Ã
Pourrières il y a deux ans, où deux lycéennes avaient trouvé la mort dans un accident de la circulation en revenant du lycée.
ARTICLE LA PROVENCE : "J'ai besoin que justice soit rendue à ma fille Julia"
Le jeudi 27 mars 2014, vers 17 h 45, à Pourrières, un poids lourd circulant sur la RD7N en direction de Saint-Maximin, percute au carrefour entre la Nationale 7 et le chemin des Amandiers l'arrière d'un minibus de transport scolaire et une voiture qui, sur la même voie et devant lui, s'apprêtaient à tourner à gauche.
Deux lycéennes, Julia et Héléna, sont tuées dans la collision, et cinq autres personnes sont blessées.
Le jour où j'ai mis Julia dans ce bus, dans mon esprit c'était sécure et sous contrôle. Je ne la laissais pas partir sur un scooter sans casque, par exemple... Non, je la laissais prendre les transports scolaires, pour les trajets entre la maison et le lycée. J'ai le sentiment d'avoir été bafouée", raconte Hélène.
Voilà deux ans, jour pour jour, que sa fille de 15 ans, Julia, a été tuée dans un terrible accident de la route sur la RD7N, l'ancienne Nationale 7, sur la commune de Pourrières, au pied du paisible chemin des Amandiers.
Avec une autre jeune fille notamment, Julia se trouvait à bord du minibus qui les ramenait chez elles, un vendredi après la classe. C'était la première année que sa mère consentait à laisser Julia grimper dans la navette pour aller à l'école. "Avant, je l'amenais et je la ramenais..." Un trajet banal, quotidien, ordinaire, dont l'issue a précipité toute cette famille dans le cauchemar, ce soir-là .
"J'étais descendue en direction de la Nationale 7 parce que Julia ne répondait pas à mes messages. Je vois la file de voitures sur la route, des pompiers partout, un hélicoptère. Je ne comprends pas, je ne m'attends pas à voir la navette là ..."
"Voir qu'on pense encore à elle nous fait un bien fou"
Un médecin s'était approché, lui demandant ce qu'elle faisait là . "Je suis venue chercher ma fille, j'ai dit", avant de voir ce corps allongé dont on s'occupait. "J'ai reconnu ses chaussures, délacées et posées près de ses pieds". On viendra lui annoncer doucement qu'on n'avait pas réussi à sauver sa fille.
Deux années ont passé, et Hélène reste sans réponses aux nombreuses et douloureuses questions que cette maman se pose encore et toujours. L'information judiciaire ouverte par le parquet de Draguignan, dans les jours qui ont suivi l'accident, est en cours à l'heure actuelle, une personne reste mise en examen.
"Je suis déçue d'en être encore là , deux ans après le drame. J'ai besoin que la justice avance et qu'on la rende à ma fille. J'ai un grand besoin de savoir". Me Florence Ruyssen, avocate de la famille de Julia, confirme ce "grand besoin de réponses".
La mère de Julia avait d'ailleurs écrit au juge d'instruction, pour exprimer cette attente.
Malgré tout, malgré soi, la vie a continué pour les parents de Julia. "Enfin, la survie d'abord...", pas à pas, comme sur un chemin cabossé, cahin-caha. Un pied après l'autre. Parce qu'il faut continuer pour la famille, pour soi, pour le souvenir de Julia. Parce qu'on est une maman, et qu'on le reste quoi qu'il advienne.
"Je ne peux pas l'oublier, je ne veux pas l'oublier", avait souvent confié Hélène, quand elle avait pris la parole, l'an dernier, pour évoquer le drame.
"J'ai reconnu ses chaussures délacées"
Après l'accident, cette belle femme de 44 ans avait commencé à publier souvent sur une page Facebook des dessins de Julia, "et puis les gens ont pris le relais, sans rien demander. Aujourd'hui, je découvre des photos de petites bougies, ou de chapelles un peu partout dans le monde, avec des petits mots en sa mémoire. Elle continue à voyager, ma fille, ça fait du bien...", glisse Hélène. Elle a même pensé à laisser en permanence un gros marqueur noir, près de la tombe de Julia. Au fil des semaines, des amis de sa fille sont venus écrire des petits mots, laisser un souvenir, un message, sur la pierre. "Sa tombe vit..."
Quelqu'un a écrit : "Julia ta place est vide dans le bus, mais elle est toujours là dans mon coeur". Hélène soupire : "Cela nous fait un bien fou, ces hommages réguliers. Voir qu'on pense encore à notre fille, qu'on n'a pas oublié qui elle était, ni ce qu'elle voulait faire de sa vie". Julia était en classe de seconde avec une année d'avance et elle voulait être médecin.
"On s'est relevé, enfin je crois. On a fait du chemin, confie Hélène. Avec son mari, et leur fille cadette - puisque Julia avait une petite soeur "qui survit et qui est terriblement forte pour nous" -, ils reviennent jour après jour à la réalité : celle de l'absence de Julia.
"On navigue entre les mots « irréel », « injuste », « inconcevable », « impossible »..." L'an dernier, un an après le drame, cette jolie maman parlait même d'une "peine à perpétuité pour une faute qu'on n'a pas commise". Mais elle a toujours refusé de sombrer dans la haine et les ténèbres. "Il faut malgré tout continuer à vivre... Nous avons déménagé. Vivre tout près du drame, ce n'était plus possible. Ce village est devenu une horreur. Je n'y vais plus que pour voir ma fille au cimetière..."
Dans une nouvelle et grande maison, toujours en pays d'Aix, ils ont emporté les affaires de leur fille aînée et un endroit lui est dédié. "On la cherche un peu partout, même si on essaie de prendre possession de cette grande maison. Le manque est là , on essaie de se retrouver". De continuer à vivre, en famille qu'il faut aussi reconstruire. La petite soeur de Julia a aujourd'hui 12 ans, "elle force notre admiration, c'est une petite guerrière dont nous sommes particulièrement fiers, son papa et moi. Elle avance, elle vit". Même si cela nourrit les inquiétudes et les angoisses.
"Julia... il faut dire que je suis un peu maman poule... alors Julia je l'avais mise sous cloche, et on me l'a tuée. Ma seconde fille, je me dois de la laisser vivre".
Reste cette pente à remonter, parce que c'est ainsi. "Autour de moi, on me dit souvent que j'ai l'air de bien aller, de tenir le coup. Mais en fait, on n'a pas le choix... Alors quand j'entends ça, j'ai envie de demander :« Comment vous feriez, vous ? »Ce qui est sûr, c'est que ce jour-là , cet accident aurait pu concerner d'autres familles. Je voudrais faire en sorte que ça n'arrive à personne d'autre, car personne n'est à l'abri".
Une page Facebook a été ouverte pour rendre hommage
à Julia : "Julia Notre Ange Brun".
S. Pardini-Battesti, Publié dans LA PROVENCE, 27 mars 2016
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